À Abidjan, la saison des pluies s’impose chaque année comme une période de grande vulnérabilité pour les populations. Inondations soudaines, habitations submergées, routes coupées et pertes humaines se répètent avec une régularité alarmante, malgré les multiples alertes des autorités et des experts.
Dans la matinée de ce mardi 26 mai 2026, deux immeubles en construction de type 4+5 ont présenté des signes inquiétants d’effondrement dans le quartier de Faya, à Cocody, à la suite de fortes pluies. Les sapeurs-pompiers militaires ont été déployés sur les lieux pour sécuriser le périmètre et limiter les dégâts, dans un contexte déjà tendu par les intempéries.
Ce nouvel épisode vient s’ajouter à une longue liste de catastrophes similaires. En juin 2024, les pluies diluviennes dans le Grand Abidjan avaient causé officiellement 24 morts et des milliers de sinistrés. En 2022, 19 personnes avaient perdu la vie. En 2020, des glissements de terrain meurtriers avaient endeuillé la commune d’Anyama, tandis qu’en 2018 et 2014, de fortes pluies avaient également provoqué des pertes humaines importantes.
Au-delà des chiffres, ces drames récurrents posent la question de l’urbanisation rapide et parfois anarchique de la capitale économique ivoirienne. La construction d’habitations dans des zones inondables, le non-respect des normes et l’insuffisance des infrastructures de drainage aggravent la vulnérabilité des populations.
Pour de nombreux observateurs, le développement urbain ne peut se limiter à l’édification d’immeubles et de chantiers. Il doit intégrer une véritable politique d’aménagement du territoire, capable d’anticiper les risques climatiques et de protéger les citoyens.
Alors que la saison des pluies 2026 ne fait que commencer, les populations redoutent déjà de nouveaux épisodes extrêmes, dans une ville où chaque pluie rappelle l’urgence d’agir durablement.


