Le Ghana entend porter la question des violences xénophobes en Afrique du Sud au plus haut niveau continental. Le président John Dramani Mahama a annoncé avoir obtenu du président de la Commission de l'Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, l'engagement d'inscrire ce dossier à l'ordre du jour de la prochaine réunion de l'organisation.
Cette décision intervient alors que les relations entre Accra et Pretoria traversent une zone de fortes turbulences. Le chef de l'État ghanéen affirme ne nourrir « aucune animosité » envers l'Afrique du Sud, mais estime qu'il est impossible de rester silencieux face aux agressions et aux pertes subies par des ressortissants ghanéens et d'autres pays africains. Selon lui, un débat au sein de l'UA permettra d'identifier les causes profondes du phénomène et de rechercher une réponse commune.
La crise s'est intensifiée après le rapatriement de plus de 900 Ghanéens ayant quitté l'Afrique du Sud et le report de la visite du président Cyril Ramaphosa à Accra. Les tensions ont également été alimentées par la diffusion d'une vidéo montrant un Ghanéen agressé verbalement et par la controverse autour de la mort d'un ressortissant ghanéen lors des manifestations du 30 juin, un fait contesté par Pretoria.
Au-delà du Ghana, plusieurs pays, dont le Nigeria, le Malawi, le Mozambique et le Zimbabwe, ont également rapatrié des milliers de leurs ressortissants. Face à cette crise régionale, Accra plaide pour une réponse concertée de l'Union africaine afin de protéger les citoyens, préserver la libre circulation et renforcer l'unité du continent.





