L’Assemblée nationale du Sénégal se réunit ce lundi 29 juin 2026 pour se prononcer sur la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution. Déposée par le groupe parlementaire Pastef, majoritaire à l’hémicycle, cette réforme est présentée comme l’aboutissement de plusieurs cycles de dialogue national. Mais elle suscite déjà une vive polémique dans le pays.
Les initiateurs du texte défendent une réforme structurante visant notamment la création d’une Cour constitutionnelle, la mise en place d’un organe électoral indépendant, le renforcement de la transparence dans la gestion publique et la redéfinition de certaines fonctions exécutives. Ils mettent également en avant un argument budgétaire, estimant que la réforme permettrait d’éviter l’organisation de plusieurs scrutins en peu de temps.
Pour la majorité parlementaire, le texte s’inscrit dans la continuité des réformes institutionnelles engagées depuis plusieurs années et respecte les procédures prévues par la Constitution, notamment l’article 103. Les amendements examinés en commission auraient, selon ses défenseurs, renforcé la cohérence du projet initial.
Cependant, la réforme est loin de faire consensus. Le mouvement citoyen « Y en a Marre » dénonce une initiative jugée opaque et appelle à un référendum, estimant que la Constitution doit rester l’expression directe du peuple. Dans le même sens, plusieurs responsables de la coalition présidentielle elle-même expriment des réserves, dénonçant un texte qui concentrerait davantage de pouvoirs entre les mains de l’exécutif.
Parmi les critiques, certains pointent également la possibilité pour le président de diriger un parti politique, une disposition jugée incompatible avec son rôle d’arbitre institutionnel. D’autres estiment que la réforme cache des enjeux politiques plus larges et remet en cause l’équilibre des pouvoirs.
Alors que le vote parlementaire approche, le débat s’intensifie au Sénégal, entre logique de réforme institutionnelle et accusations de dérive politique. Le sort du texte dépendra de la capacité de la majorité à rallier suffisamment de voix pour atteindre les trois cinquièmes requis.





