Le Sénégal ouvre une nouvelle page dans son histoire institutionnelle. Par décret en date du 13 juillet 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a nommé le magistrat Ousmane Diagne à la tête du Conseil constitutionnel, en remplacement de feu Mamadou Badio Camara. Déjà membre de cette haute juridiction, le nouveau président prend les commandes d’une institution dont les décisions influencent directement la vie politique et démocratique du pays.
Figure reconnue du monde judiciaire sénégalais, Ousmane Diagne dispose d’une longue expérience au sein de la magistrature. Il a notamment occupé les fonctions de procureur général près la Cour d’appel de Dakar, de premier avocat général près la Cour suprême, avant d’être nommé ministre de la Justice, garde des Sceaux. Après son passage au gouvernement, il avait rejoint le Conseil constitutionnel comme membre.
Sa nomination intervient dans un climat institutionnel marqué par d’importants débats autour de la Constitution et du fonctionnement des pouvoirs publics. Quelques jours avant son arrivée à la tête de la juridiction, le Conseil constitutionnel avait annulé une loi portant révision de la Constitution adoptée par l’Assemblée nationale. Les juges avaient estimé que la procédure suivie ne respectait pas les exigences constitutionnelles prévues par l’article 82.
Cette décision avait concerné une réforme défendue par la majorité parlementaire conduite par le Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier avait déclaré respecter la décision de la juridiction tout en réaffirmant son engagement en faveur des institutions républicaines.
Le Conseil constitutionnel s’était déjà retrouvé au centre de l’actualité nationale en février 2024, lorsqu’il avait invalidé le report de l’élection présidentielle décidé sous le régime de Macky Sall. Cette décision avait contribué à maintenir le calendrier électoral et ouvert la voie à l’élection de Bassirou Diomaye Faye.
Avec Ousmane Diagne à sa présidence, le Conseil constitutionnel entame une nouvelle étape. Sa mission sera de préserver l’équilibre entre les institutions, tout en répondant aux attentes d’un pays où les questions constitutionnelles occupent désormais une place majeure dans le débat public.




