Dans les collines arides de Diallan, au sud-ouest du Mali, les habitants vivent désormais sous la férule des groupes djihadistes. Entre septembre 2025 et janvier 2026, ces derniers ont imposé le paiement de la zakat, aumône obligatoire en islam, mais sous la contrainte des armes. Rien que dans les 22 villages de la commune rurale, plus de 30 millions de francs CFA auraient été extorqués.
Les éleveurs sont les premières cibles : pour 30 vaches, une doit être « donnée à Dieu » — ou plutôt, aux combattants armés. La valeur d’une bête oscille entre 500 000 et 1 million de francs CFA. « Ils viennent, recensent les troupeaux et exigent la zakat », confie un habitant, la voix tremblante, sous anonymat.
Dans ces localités soninkés, entre Nioro du Sahel et Kita, les djihadistes s’appuient sur des relais locaux pour repérer les familles aisées. Beaucoup de villageois, soutenus par leurs proches installés en Europe, tentent alors d’acheter la paix.
Privés d’État et menacés en permanence, les habitants sont pris au piège d’un système où religion et racket se confondent. La zakat devient ici non pas un acte de foi, mais une taxe de survie.
La militarisation de ces zones rurales illustre une fois encore comment les groupes armés s’imposent en maîtres économiques autant qu’idéologiques. Une emprise silencieuse qui éteint peu à peu toute vie communautaire et tout espoir de reprise.
