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INFAS Privé : la seconde chance qui ouvre les portes de la blouse blanche

Mardi 3 Mars 2026 - 17:32

Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes Ivoiriens rêvent d’intégrer l’INFAS pour embrasser une carrière dans la santé. Mais face à la rigueur du concours direct, une autre voie s’ouvre : l’INFAS privé. Une filière payante, exigeante, parfois controversée, qui offre aux recalés comme aux candidats éligibles une nouvelle chance d’endosser la blouse blanche et de servir l’État.


De la déception à l’alternative
Après les tests de la session 2024, les résultats du concours direct à l’INFAS  tombent. Sur près de 140 000 candidats, seuls environ 10.000 décrochent leur place. Pour les autres, c’est la désillusion. Pourtant, tout n’est pas perdu.
L’INFAS privé se présente comme une alternative structurée pour les candidats ivoiriens recalés au concours direct, ceux qui remplissent également les conditions sans avoir tenté le concours, ainsi que les candidats étrangers éligibles.
Ici, pas de concours écrit classique : l’admission se fait sur étude de dossier ou par parrainage d’une institution de santé. Mais cette seconde chance a un coût.

 
Même diplôme, mais à prix d’or
Les étudiants du privé suivent la même formation, dans les mêmes antennes, avec les mêmes enseignants, pour l’obtention du même diplôme d’État. Sage-femme, infirmier diplômé d’État (IDE), auxiliaire de santé, technicien supérieur en laboratoire, radiologie ou kinésithérapie : les filières restent identiques.
À l’issue des trois années de formation, les diplômés sont affectés dans la fonction publique (pour les nationaux), avec le même grade, le même salaire, les mêmes primes et le même rappel que les admis du concours direct. La différence tient essentiellement à la scolarité.
 
En filière privée, l’étudiant finance entièrement sa formation :
Niveau BEPC : environ 550 000 FCFA par an
Niveau BAC : environ 750 000 FCFA par an
Frais d’inscription : 118 000 FCFA en Licence 1, puis 15 000 + 25 000 FCFA en Licence 2 et 3

 
Sur trois ans, l’investissement peut frôler les 2 à 3 millions de FCFA, sans compter les dépenses annexes (uniformes, matériel médical, transport, stages). Autre différence majeure : aucune bourse d’État n’est accordée aux étudiants du privé. Pour de nombreuses familles, c’est un sacrifice considérable. Mais pour beaucoup, la vocation dépasse le coût.

 
Une voie encadrée, entre opportunité et débat
L’INFAS privé impose un cadre précis. L’âge limite est fixé à 35 ans maximum pour les titulaires du BAC et 38 ans pour les titulaires du BEPC, avec parfois une extension jusqu’à 40 ans selon les années. Les diplômes requis restent identiques à ceux du concours direct : BAC pour les sages-femmes et IDE, BEPC pour les auxiliaires. Le dossier administratif est rigoureux : demande manuscrite adressée à la Directrice générale, engagement parental légalisé, justificatif de solvabilité, copies de pièces d’identité, et lettre de recommandation pour les candidats étrangers.
Le dépôt des dossiers s’effectue au secrétariat de la Direction Générale à Abidjan, à l’ouverture officielle des inscriptions.
Reste le débat. D’un côté, l’INFAS privé offre une réelle seconde chance et permet à des profils en reconversion professionnelle d’intégrer le secteur de la santé. De l’autre, le coût crée une barrière sociale évidente : deux étudiants suivent la même formation et deviennent fonctionnaires, mais l’un aura payé plusieurs millions quand l’autre aura bénéficié d’une formation gratuite avec bourse.
Dans les couloirs des antennes, pourtant, la distinction s’estompe. Les étudiants portent la même tenue, effectuent les mêmes stages, assurent les mêmes gardes. Au chevet d’un patient, personne ne demande d’où vient l’infirmier.
L’INFAS privé n’est ni un raccourci ni un diplôme au rabais. C’est une voie parallèle, exigeante financièrement mais identique académiquement. Pour beaucoup, c’est le prix à payer pour transformer un échec en destin professionnel.
Et dans un pays où la santé demeure un pilier stratégique, chaque blouse blanche compte.
 

Félix N'Guessan

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