Le Burkina Faso appelle à une transformation en profondeur de l'Union africaine (UA). En recevant, jeudi à Ouagadougou, le président de la Commission de l'UA, Mahamoud Ali Youssouf, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a plaidé pour une organisation continentale plus indépendante, capable de défendre pleinement les intérêts des États africains.
Pour le chef du gouvernement, l'Union africaine doit désormais placer la souveraineté du continent au cœur de son action. Il a estimé qu'une réforme de ses mécanismes de gouvernance, de son fonctionnement institutionnel et surtout de son mode de financement est devenue indispensable. Selon lui, la forte dépendance de l'organisation envers les financements extérieurs réduit sa marge de manœuvre et fragilise sa capacité à prendre des décisions en toute autonomie.
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également insisté sur la nécessité d'une plus grande solidarité envers les pays du Sahel confrontés à la menace terroriste. Il a appelé l'organisation panafricaine à renforcer son engagement aux côtés des États touchés par l'insécurité et à mieux prendre en compte les préoccupations de la jeunesse africaine dans l'élaboration de ses politiques.
En visite au Burkina Faso pour la première fois depuis son entrée en fonction, Mahamoud Ali Youssouf a réaffirmé que le pays demeurait un acteur important de l'Union africaine. Il a assuré que l'institution continuerait d'accompagner Ouagadougou dans ses priorités de développement et de sécurité, tout en exprimant la solidarité de l'UA face au défi du terrorisme, qu'il a qualifié de menace pour l'ensemble du continent.





