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PPEF : une Nigériane et un cybercriminel à la barre

Samedi 31 Octobre 2026 - 07:00

Trafic de personnes, exploitation sexuelle et cybercriminalité étaient au cœur de deux affaires examinées le 29 octobre 2026 par le Pôle pénal économique et financier.


Au Pôle Pénal Économique et Financier, les affaires sont traitées avec rigueur et minutie.
Au Pôle Pénal Économique et Financier, les affaires sont traitées avec rigueur et minutie.
Le trafic de personnes continue de faire des victimes, malgré les campagnes de sensibilisation et les sanctions prises par les autorités. Dans cette activité criminelle, motivée par l’appât du gain, dame Sanoussi, une ressortissante nigériane vivant à Danané, a été écrouée depuis février 2026.
 

Présentée devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF), ce jeudi 29 octobre 2026, elle est poursuivie pour recrutement de filles à des fins de traite des personnes, exploitation sexuelle, prostitution et blanchiment de capitaux. Sa tentative de défense ne semble pas avoir convaincu le ministère public.
 

Selon le procureur, les activités présumées de dame Sanoussi ont été mises au jour à la suite d'une alerte qu'elle avait elle-même donnée en début d'année. Elle avait signalé l'arrivée, en provenance du Nigeria, de l'une de ses compatriotes, Ujugu Grâce, qui était introuvable à Abidjan alors qu'elle devait rejoindre Danané, où dame Sanoussi l'attendait.
 

Au regard de la gravité des faits et des éléments présentés à l'audience, le procureur a requis cinq ans d'emprisonnement. Le délibéré est attendu pour le 12 novembre 2026.
 

Coulibaly D., le « brouteur assassin »

Coulibaly D., un cybercriminel dont les agissements auraient entraîné la mort d'un ressortissant suisse, a également été appelé à la barre. Dès le début de son interrogatoire, il s'est montré coopératif, reconnaissant une partie des faits qui lui sont reprochés par le parquet.
 

Il est poursuivi pour faux et usage de faux dans des documents administratifs, association de cybercriminels, obtention frauduleuse d'avantages par le biais d'un système d'information, utilisation et réalisation de fausses données d'identification ainsi que blanchiment de capitaux.
 

Placée sous mandat de dépôt depuis le 13 mars 2026, il affirme avoir collaboré avec la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC), dans l'espoir d'obtenir une réduction des charges retenues contre lui.
 

À la barre, le prévenu reconnaît partiellement les faits. « Un petit-frère du quartier a créé un faux profil pour arnaquer ses correspondants. Je me suis présenté comme un notaire pour donner plus de crédibilité aux documents qu'il transmettait », explique-t-il.
 

À la question du tribunal : « Vous saviez que votre petit-frère du quartier avait créé un faux profil ? », il répond par l'affirmative.
 

Il explique ensuite être entré en contact avec le correspondant pour le rassurer. En contrepartie, il percevait 30 % des fonds obtenus, soit un montant total estimé entre 7,5 et 8 millions de FCFA.
 

« Vous étiez conscient que c'était du broutage ? », relance la présidente du tribunal. « Oui », répond le prévenu sans sourciller.
 

Ces déclarations semblent quelque peu embarrasser ses avocats. À leur demande, le tribunal a renvoyé l'affaire au 19 novembre 2026.
 

Au PPEF, ces deux affaires illustrent une nouvelle fois les enjeux de la lutte contre la traite des personnes, la cybercriminalité et le blanchiment de capitaux.
 

Joseph KINI

 
 
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