Dans les monts Mandara, au nord-est du Nigeria, l’opération Hadin Kai a permis aux forces armées de frapper une faction de Boko Haram après plusieurs semaines de surveillance discrète. Renseignement humain, interceptions de communications et reconnaissance aérienne ont convergé vers un même objectif : localiser les bases, cartographier les positions et identifier les caches d’otages.
L’assaut, mené par des unités des forces spéciales, a été déclenché avec un effet de surprise total. En quelques heures, les positions ennemies ont été neutralisées et les combattants dispersés dans le relief accidenté. Au total, 360 personnes, femmes, hommes et enfants, ont été extraites vivantes et évacuées vers des zones sécurisées pour prise en charge médicale et humanitaire.
Mais l’opération a également laissé une note tragique : deux nourrissons sont décédés, épuisés par les conditions de détention et la difficulté de l’évacuation en terrain escarpé. Les autorités militaires évoquent un drame inévitable dans un contexte extrême, marqué par la violence de l’insurrection.
Depuis plus d’une décennie, le bassin du lac Tchad demeure l’un des principaux foyers de l’insurrection jihadiste en Afrique de l’Ouest. Boko Haram et ses différentes factions y multiplient attaques, enlèvements de masse et déplacements forcés de populations civiles, malgré les offensives répétées des forces armées régionales.
Le haut commandement nigérian affirme que les opérations de ratissage se poursuivent dans les monts Mandara afin de traquer les éléments encore en fuite et de démanteler les réseaux logistiques. Pour les survivants, commence désormais un long processus de reconstruction physique et psychologique, loin des maquis où ils ont été retenus.


