Un espoir inédit au cœur de l’épidémie
Dans le petit royaume d’Eswatini, où près d’un adulte sur quatre vit avec le VIH, une révolution médicale est en marche. Le pays, déjà pionnier dans la lutte contre l’épidémie, déploie à grande échelle le lénacapavir, un traitement préventif présenté comme une avancée majeure.
À la clinique de Lobamba, Nompu, 27 ans, vient de recevoir ses premières injections. Travailleuse du sexe, elle fait partie des populations les plus exposées. Comme beaucoup, elle peinait à suivre la prophylaxie préexposition (PrEP) sous forme de pilule quotidienne. Avec ce nouveau protocole, deux injections et quelques comprimés suffisent à la protéger pendant six mois. Une contrainte en moins, et surtout une angoisse qui s’allège.
Un traitement qui change la donne
Le lénacapavir marque une rupture dans la prévention du Sida. Contrairement aux traitements quotidiens, il offre une protection longue durée, adaptée aux réalités de terrain, notamment pour les personnes ayant des difficultés d’observance.
Dans un pays où les inégalités de genre et les pratiques sociales augmentent les risques, notamment pour les femmes, cette innovation pourrait transformer durablement la lutte contre le virus. L’incidence chez les femmes y reste largement supérieure à celle des hommes, dans une société encore marquée par des normes patriarcales.
Un modèle pour l’Afrique
Premier pays au monde à déployer massivement ce traitement dès 2025, Eswatini bénéficie d’un système de santé structuré et d’un engagement fort des autorités. Le royaume a déjà atteint les objectifs dits « 98-98-98 » : dépistage, traitement et suppression virale.
Ce succès attire l’attention internationale. Alors que les financements mondiaux contre le VIH ont récemment reculé, le pays apparaît comme un laboratoire grandeur nature. Si les résultats se confirment, il pourrait inspirer d’autres nations africaines.
Vers la fin du sida ?
L’ambition est claire : mettre fin à l’épidémie d’ici 2028. Un objectif encore impensable il y a quelques années, mais désormais crédible grâce à l’innovation médicale et à une stratégie ciblée.
Pour Nompu et des milliers d’autres, le lénacapavir n’est pas seulement un traitement. C’est une promesse : celle de vivre sans peur, dans un pays longtemps marqué par l’ombre du sida.

