À Tioroniaradougou, à quelques kilomètres de Korhogo, l’ambiance est studieuse en ce lundi 20 juillet 2026. Dans le centre de service civique, les pensionnaires s’apprêtent à tourner une page. Encadreurs et jeunes préparent la sortie, dans une atmosphère où discipline et convivialité se conjuguent avec une même ambition : repartir sur de nouvelles bases.
Pour Marius Dolou, ancien migrant de retour au pays, cette étape a changé sa perception de l’avenir. En formation de mécanique automobile, il nourrit désormais le projet de travailler à son propre compte. « Être dans ce centre représente une grande chance », témoigne-t-il.
Même confiance retrouvée chez Nahoua Coulibaly. Dans la filière agro-pastorale, il a appris l’élevage, le maraîchage et les techniques de culture hors-sol avec l’appui de l’Anader. Des compétences qu’il entend désormais valoriser.
Dans ces centres gérés par l’Office du Service Civique National (OSCN), la formation professionnelle n’est que l’une des étapes d’un parcours plus large. Avant d’apprendre un métier, les jeunes sont resocialisés, encadrés et sensibilisés aux valeurs de discipline, de responsabilité et de citoyenneté. À Bouaké, l’alphabétisation permet également aux jeunes déscolarisés d’acquérir les fondamentaux de la lecture et de l’écriture.
Maçonnerie, électricité, carrelage, peinture, mécanique, maraîchage, élevage, transformation des produits locaux ou encore froid : les formations sont pensées en fonction des besoins du marché et des potentialités économiques locales.
Le 25 juillet 2026, 500 jeunes ont reçu leur attestation au centre Amadou Gon Coulibaly de Tioroniaradougou, qui peut accueillir jusqu’à 1 000 bénéficiaires par an. Deux jours plus tard, à Adzopé, le centre Patrick Achi célébrait à son tour la sortie de sa première promotion de 500 volontaires, composée de 250 filles et 250 garçons.
La dernière étape est celle de l’insertion. Avec l’Agence Emploi Jeunes et différents partenaires, les bénéficiaires sont accompagnés afin de transformer les compétences acquises en activités génératrices de revenus ou en emplois durables.
En 2025, la Côte d’Ivoire comptait huit centres de service civique. Le programme « CSC 2021-2025 » ambitionne d’en porter le nombre à quatorze, pour une capacité annuelle de 14 000 jeunes. Depuis 2011, plus de 55 000 jeunes ont déjà bénéficié des dispositifs du Service civique.
Au-delà des statistiques, ces centres portent une promesse : celle d’une seconde chance. Pour des jeunes parfois éloignés de l’école, de l’emploi ou des repères sociaux, quelques mois d’encadrement et de formation peuvent devenir le premier pas vers l’autonomie, la dignité et une nouvelle trajectoire de vie.






