À l’amphithéâtre A du District autonome d’Abidjan, à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, le constat était difficile à ignorer. En ce 15 août 2026, les motocyclistes réunis pour une séance de sensibilisation ont été confrontés à des chiffres qui témoignent de la gravité de la situation sur les routes ivoiriennes.
Depuis le début de l’année, 81 motocyclistes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation à Abidjan, selon les données de la Préfecture de police. Un bilan qui pousse les autorités à accélérer les réformes destinées à mieux encadrer la circulation des deux-roues, notamment dans le secteur très dynamique de la livraison à moto.
Le directeur général des Transports terrestres et de la Circulation, Oumar Sacko, a rappelé que les motocyclistes occupent une place de plus en plus importante dans la mobilité urbaine. Mais cette progression s’accompagne d’une hausse préoccupante des accidents. En 2025, les motos ont été impliquées dans 4 531 accidents ayant fait 426 morts, contre 261 décès dans 2 963 accidents en 2023.
Le phénomène concerne également les accidents sans blessés ni décès. De janvier à juillet 2026, les motos ont été impliquées dans 3 419 cas, tandis que 711 accidents concernaient des tricycles. Par ailleurs, 900 motos ont été mises en fourrière.
Autre sujet d’inquiétude : le non-respect de l’interdiction de circulation sur l’axe principal du boulevard Félix Houphouët-Boigny, anciennement VGE. Trois personnes y ont perdu la vie au cours des trois derniers mois.
Pour le gouvernement, l’heure est désormais à l’action. L’immatriculation des engins devrait être recentrée au Guichet unique de l’automobile, avec une harmonisation des coûts sur l’ensemble du territoire.
Surtout, une licence pourrait bientôt être obligatoire pour exercer comme livreur à moto. Une mesure destinée à vérifier la formation des conducteurs et à renforcer la sécurité sur les routes. Oumar Sacko assure que ces réformes seront conduites en concertation avec les acteurs du secteur.






