Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été suspendu de ses fonctions par le bureau de l’Assemblée des États parties. La décision, prise le 8 juin 2026 à la majorité qualifiée, intervient dans le cadre d’une enquête portant sur des accusations d’agression sexuelle formulées par une membre de son équipe.
Dans un communiqué, l’organe de gouvernance de la CPI a précisé que cette mesure conservatoire ne préjugeait en rien de l’issue de la procédure en cours. Âgé de 55 ans, le magistrat britannique rejette catégoriquement les accusations portées contre lui.
Dès mai 2025, Karim Khan avait annoncé son retrait temporaire de certaines activités afin de préparer sa défense. L’affaire a déjà eu des conséquences sur plusieurs dossiers sensibles. Il a notamment été écarté de la procédure visant l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, poursuivi pour crimes contre l’humanité dans le cadre de sa guerre contre la drogue.
Les 125 États membres de la CPI devront désormais se prononcer sur les suites à donner à cette affaire qui secoue la principale juridiction pénale internationale.
Nommé à la tête du parquet de la CPI en 2021, Karim Khan s’est imposé comme une figure majeure de la justice internationale. En 2024, il avait marqué l’actualité en obtenant des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant dans le contexte de la guerre à Gaza.
Sa suspension intervient alors que la Cour, basée à La Haye, fait déjà face à de fortes pressions politiques. Cette affaire pourrait avoir des répercussions importantes sur son fonctionnement et sur sa crédibilité à l’échelle internationale.

