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Accords stratégiques russes : alliances solides ou garanties illusoires ?

Dimanche 1 Mars 2026 - 14:46

Le Moyen-Orient a basculé dans une nouvelle ère de tensions après l’opération militaire conjointe lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, baptisée « Fureur épique ». Déclenchées à l’aube samedi, les frappes ont visé des installations militaires et nucléaires stratégiques, ainsi que des centres de commandement du régime iranien.


La Libye de Kadhafi : une alliance sans protection - Le Venezuela : un allié isolé - L’Iran : un traité de 20 ans mis à l’épreuve - Alerte aux pays de l’AES : la réalité des rapports de force

Selon le président américain Donald Trump, l’opération visait à neutraliser définitivement la menace nucléaire iranienne et à « briser l’architecture militaire du régime ». L’attaque aurait notamment ciblé les sites sensibles de Fordo, Natanz et Ispahan.

Mort annoncée du Guide suprême

Au cœur de cette offensive, une annonce a bouleversé l’équilibre régional : celle de la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei. L’information, relayée par plusieurs médias israéliens et américains puis confirmée par Donald Trump, n’a cependant pas reçu de validation officielle des autorités iraniennes au moment des premières heures de crise.
 

Des frappes massives auraient visé le complexe résidentiel du dirigeant à Téhéran, avec l’utilisation de drones explosifs et de bombes guidées. D’autres hauts responsables iraniens, dont des figures des Gardiens de la Révolution, auraient également été tués.
 

Riposte iranienne et embrasement régional

En représailles, l’Iran a lancé plusieurs salves de missiles contre Israël et des bases américaines dans la région. Des explosions ont été signalées aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et en Arabie saoudite. À Tel-Aviv, plusieurs dizaines de blessés ont été recensés.
 

Le trafic maritime dans le Golfe persique a été perturbé, l’armateur français CMA CGM demandant à ses navires de se mettre à l’abri. La crainte d’un blocage du détroit d’Ormuz fait planer une menace directe sur l’approvisionnement énergétique mondial.
 

Cette escalade marque un tournant historique : pour la première fois depuis des décennies, le sommet du pouvoir iranien est directement visé et potentiellement décapité par une opération militaire étrangère d’ampleur.

 

Accords stratégiques russes : alliances solides ou garanties illusoires ?

Depuis la fin de la Guerre froide, la Russie a multiplié les partenariats stratégiques dans les domaines militaire, énergétique et nucléaire civil. Ces accords, souvent présentés comme des garanties de soutien mutuel face à l’Occident, interrogent aujourd’hui quant à leur portée réelle.


La Libye de Kadhafi : une alliance sans protection
 

Sous Mouammar Kadhafi, la Libye entretenait des liens étroits avec Moscou. En 2008, un rapprochement majeur avait abouti à l’annulation de la dette libyenne par la Russie en échange de contrats énergétiques pour Gazprom et de projets ferroviaires.
 

Des accords militaires importants avaient été conclus, et la coopération nucléaire remontait aux années 1980, avec notamment la modernisation du centre de recherche de Tajoura.
 

Pourtant, lors de l’intervention occidentale de 2011, la Russie ne s’est pas opposée militairement à l’opération de l’OTAN. Kadhafi fut capturé puis tué le 20 octobre 2011 près de Syrte. Les accords stratégiques n’ont pas empêché la chute du régime.
 

 Le Venezuela : un allié isolé

Les relations entre Moscou et Caracas ont longtemps été présentées comme un pilier de l’influence russe en Amérique latine. Le Venezuela figurait parmi les principaux acheteurs d’armes russes et bénéficiait d’investissements énergétiques.           
                                
Le président Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, a entretenu des relations étroites avec le Kremlin. Pourtant, selon les informations évoquées, son arrestation lors d’une opération militaire américaine en janvier 2026 n’aurait pas été empêchée par Moscou.
 

Là encore, la solidarité stratégique n’a pas pris la forme d’une protection militaire directe.
 

L’Iran : un traité de 20 ans mis à l’épreuve                                                                     

 

Le 17 janvier 2025, Vladimir Poutine et le président iranien ont signé un traité de partenariat stratégique global valable pour vingt ans. Ce texte couvre la défense, l’énergie, la cybersécurité et la coopération nucléaire pacifique.
 

Pourtant, face aux frappes israélo-américaines et à l’élimination annoncée du Guide suprême, aucune intervention militaire russe directe n’a été signalée.
 

La question se pose donc : ces accords garantissent-ils réellement une protection en cas d’agression majeure ?

 

Alerte aux pays de l’AES : la réalité des rapports de force

Pour les pays de l’Alliance des États du Sahel — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — qui ont renforcé ces dernières années leur coopération avec Moscou, ces événements constituent un signal fort.
 

Les exemples libyen, vénézuélien et iranien montrent qu’un partenariat stratégique avec une grande puissance ne signifie pas automatiquement une garantie d’intervention militaire en cas de crise majeure.
 

Dans le système international actuel, chaque État demeure en définitive responsable de sa propre défense et de sa résilience interne. Les alliances peuvent offrir un soutien diplomatique, logistique ou économique, mais l’engagement militaire direct dépend toujours d’intérêts géopolitiques supérieurs.
 

Pour les États sahéliens, la prudence stratégique s’impose :

  • Diversifier les partenariats internationaux ;

  • Consolider les capacités nationales de défense ;

  • Renforcer la cohésion interne et la légitimité politique ;

  • Éviter une dépendance exclusive à un seul partenaire extérieur.
     

L’histoire récente rappelle une constante brutale des relations internationales : les alliances sont guidées par les intérêts, non par l’émotion ou l’idéologie.
 

Dans un monde multipolaire instable, la souveraineté ne se délègue pas.


Félix N'Guessan

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