La création de milices citoyennes au Niger relance une question sensible : l’armée est-elle en train de reconnaître ses propres limites face aux groupes djihadistes ? Avec l’annonce des « organisations territoriales d’autodéfense », baptisées « Domol Leydi », l’État choisit de s’appuyer sur des volontaires armés pour renforcer la lutte sécuritaire dans plusieurs zones du pays.
Officiellement, ces auxiliaires auront pour mission la sensibilisation, la collecte de renseignements et l’autodéfense, sous encadrement des Forces de défense et de sécurité. Mais cette stratégie soulève des interrogations : pourquoi recourir à des civils armés si l’armée est censée assurer seule la protection des populations ?
Déjà engagé dans un programme de mobilisation de jeunes volontaires depuis 2025, le gouvernement franchit ici un nouveau cap. Pour certains observateurs, cette évolution traduit moins une innovation stratégique qu’un aveu implicite des difficultés persistantes de l’armée à contenir la menace terroriste. Dans un contexte fragile, le recours aux milices pourrait autant renforcer la sécurité que complexifier davantage la situation sur le terrain.

