Le rideau est tombé sur l’une des figures les plus emblématiques du paysage musical ivoirien. Kéké Kassiry, considéré comme le « père » du Gnama-Gnama, est décédé ce samedi 4 avril 2026 à l’âge de 72 ans dans une clinique d’Abidjan. L’annonce, faite par sa fille Michaela Kéké, a plongé le monde du showbiz dans une profonde émotion, à la veille des célébrations pascales.
Une icône qui a marqué son époque
Dans les années 1980, Kéké Kassiry s’impose comme une figure avant-gardiste de la scène musicale ivoirienne. À une époque où l’industrie musicale locale en est encore à ses balbutiements, il réussit à imposer un style audacieux, mêlant rythmes traditionnels et sonorités funk. Une signature musicale unique qui lui permet de franchir les frontières et de séduire un public européen, notamment en France, où il s’installe dès 1980.
Créateur de la danse Gnama-Gnama, il ne se contente pas de faire danser : il insuffle une véritable identité culturelle à la musique urbaine ivoirienne. Il contribue également à populariser le style Ziguéhi, qu’il élève au rang d’expression artistique reconnue.
Un précurseur dans l’image et le spectacle
Visionnaire, Kéké Kassiry fait partie des premiers artistes ivoiriens à intégrer le clip vidéo dans sa stratégie artistique. Une innovation majeure à l’époque, qui permet de donner une nouvelle dimension à la musique locale. C’est d’ailleurs grâce à lui que le public découvre des figures comme Gor la Montagne, dont le titre « Ziblo » connaîtra un large succès.
Ses chansons, parmi lesquelles « Abidjan », « N’né Ménika » et « Afrika », continuent de résonner comme des classiques intemporels. Elles témoignent d’une époque, mais aussi d’une créativité qui transcende les générations.
Une vie personnelle entre lumière et épreuves
Au-delà de sa carrière, l’artiste a également fait parler de lui pour sa relation avec la chanteuse Tina Glamour. Ensemble, ils ont eu une fille, Carla Kéké, aujourd’hui disparue. Une tragédie personnelle qui a marqué la vie de l’artiste.
Une légende s’en va, un héritage demeure
Si les circonstances exactes de son décès restent encore inconnues, une chose est certaine : la disparition de Kéké Kassiry laisse un vide immense dans le patrimoine culturel ivoirien. Artiste complet, innovateur et ambassadeur de la musique ivoirienne à l’international, il aura ouvert la voie à toute une génération.
À l’heure où les hommages affluent sur les réseaux sociaux, c’est toute une page de l’histoire musicale de la Côte d’Ivoire qui se tourne. Mais comme souvent avec les grandes figures, son œuvre, elle, continuera de vivre.
