La Côte d’Ivoire entend changer de dimension sur la carte énergétique ouest-africaine. Au cœur de cette ambition, le champ pétrolier et gazier Baleine, dont la troisième phase de développement doit porter la production à 200 millions de pieds cubes de gaz par jour, contre plus de 75 millions actuellement.
Au-delà de cette montée en puissance, c’est toute la trajectoire énergétique du pays qui se dessine. La production nationale pourrait atteindre 584 millions de pieds cubes par jour en 2029, contre environ 233 millions en 2024. Une progression considérable qui traduit la volonté des autorités de consolider l’approvisionnement en gaz, indispensable au fonctionnement du parc électrique et au développement industriel.
Un nouvel équilibre énergétique régional
Cette dynamique pourrait renforcer la position ivoirienne parmi les acteurs majeurs du gaz en Afrique de l’Ouest. Le Nigeria conserve une place dominante, tandis que le Ghana poursuit le développement de ses ressources. Plus à l’ouest, le Sénégal et la Mauritanie ont franchi une étape importante avec l’entrée en production du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), destiné notamment à l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL).
Dans cette compétition régionale, Abidjan mise sur la complémentarité entre les nouveaux gisements et les infrastructures existantes. Après Baleine, le développement du champ Calao participe à cette stratégie de diversification et de renforcement des capacités nationales.
De la production à la transformation
L’enjeu dépasse toutefois les volumes extraits du sous-sol marin. Pour transformer cette richesse en levier de croissance, la Côte d’Ivoire devra assurer la disponibilité du gaz pour ses centrales électriques, soutenir les industries consommatrices d’énergie et développer les infrastructures nécessaires à son acheminement.
À terme, l’ambition est aussi de consolider le rôle du pays comme plateforme énergétique régionale, capable de contribuer à la sécurité d’approvisionnement de ses voisins. Mais cette perspective dépendra des investissements, du rythme de mise en service des projets et de la capacité à répondre durablement à la demande intérieure.
Avec Baleine et Calao, la Côte d’Ivoire se donne ainsi les moyens de renforcer son autonomie énergétique et son attractivité industrielle. Reste à convertir cette montée en puissance gazière en bénéfices économiques concrets pour le pays et, potentiellement, pour toute la sous-région.






