Le Ghana entend reprendre davantage de contrôle sur le financement et la gestion de son système de santé. Accra a décidé de ne pas signer un nouvel accord proposé par les États-Unis pour compenser une partie des financements auparavant apportés par l’USAID, dans un contexte de réduction de l’aide américaine.
Le président John Dramani Mahama a expliqué ce choix le 25 septembre 2026, lors d’un échange à New York avec le Council on Foreign Relations. Selon lui, le projet d’accord comportait plusieurs dispositions jugées incompatibles avec les intérêts du Ghana. Le document prévoyait notamment le partage de certaines données sanitaires et médicales, ainsi qu’un mécanisme de financement de contrepartie.
Autre point de friction : les médicaments et produits médicaux introduits dans le pays dans le cadre du programme auraient échappé à certains contrôles de la Food and Drugs Authority, l’organisme ghanéen chargé de leur réglementation. Pour le chef de l’État, ces conditions soulevaient une question de souveraineté.
Le retrait des financements américains a par ailleurs créé un important manque à gagner pour le budget ghanéen. Mahama évoque 174 millions de dollars initialement prévus, dont environ 74 millions concerneraient directement le secteur sanitaire. Des programmes liés à la recherche, au dépistage du VIH et à l’approvisionnement en antirétroviraux ont notamment été affectés.
Face à cette nouvelle donne, le gouvernement a choisi de mobiliser davantage de ressources nationales. Cette réorientation s’inscrit dans l’initiative « Accra Reset », qui ambitionne de réduire les dépendances extérieures et de renforcer les capacités sanitaires du pays.
Pour Mahama, la pandémie de Covid-19 a également révélé la vulnérabilité du continent africain face à sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondiales. Le Ghana souhaite donc encourager la production africaine de médicaments et de vaccins.
Au-delà du différend avec Washington, Accra veut ainsi transformer une contrainte budgétaire en levier pour repenser son modèle sanitaire et renforcer les capacités de production du continent.






