Le centre et le nord du Nigeria sont une nouvelle fois secoués par la violence. Dans l’État du Plateau, une attaque armée dans un bar de Jos a déclenché des représailles qui ont fait une trentaine de morts, tandis que dans l’État de Kaduna, une fête précédant un mariage a été ciblée par des assaillants, faisant au moins treize victimes. Ces incidents s’inscrivent dans un contexte où les tensions ethniques et communautaires se mêlent à des enjeux fonciers et à une criminalité croissante.
Le Plateau, souvent considéré comme le cœur agricole du pays, est le théâtre de conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs. Les pressions sur les terres cultivables s’intensifient avec la croissance démographique, les effets du changement climatique et l’exploitation minière illégale. Ces rivalités locales, longtemps contenues, dégénèrent parfois en massacres, laissant des villages vidés de leurs habitants et une population marquée par la peur et l’insécurité. Dans ce climat, l’impunité dont jouissent les auteurs de violences favorise les représailles et alimente un cycle meurtrier difficile à briser.
À Kaduna, le phénomène des « bandits » armés ajoute une dimension supplémentaire à la crise. Ces groupes ciblent les villages et les rassemblements communautaires, pillant et enlevant des habitants, tandis que des mouvements djihadistes étendent progressivement leur influence vers l’ouest. Dans le sud de l’État, les affrontements opposent majoritairement des éleveurs musulmans à des agriculteurs chrétiens, exacerbés par la raréfaction des terres et des ressources en eau.
Ces attaques récentes rappellent que, au Nigeria, la violence ne se limite pas à des motivations religieuses ou ethniques simples. Elle est le produit d’un enchevêtrement complexe de facteurs sociaux, économiques et environnementaux, où l’inaction de l’État et la faiblesse des institutions locales permettent aux tensions de se transformer en tragédies meurtrières.