Le Sénégal renforce son dispositif de transparence dans la gestion des affaires publiques. Le Parlement a adopté lundi une loi imposant au président de la République, au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre de déclarer et de publier leur patrimoine à leur entrée comme à leur sortie de fonction.
Cette réforme concrétise une promesse portée par les autorités arrivées au pouvoir en avril 2024. Elle vise à renforcer les mécanismes de transparence et à mieux encadrer le patrimoine des principaux responsables de l’État.
La déclaration de patrimoine était déjà prévue par la Constitution sénégalaise depuis 2001. Toutefois, l’obligation ne concernait jusqu’ici que le début de l’exercice des fonctions. Avec la nouvelle loi, les responsables concernés devront effectuer une première déclaration dans les trois mois suivant leur prise de fonction, puis une seconde dans les trois mois suivant la fin de leur mandat.
Le texte intervient dans un contexte politique marqué par des tensions au sommet de l’État. En mai, le président Bassirou Diomaye Faye avait mis fin aux fonctions de son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Les deux hommes, autrefois alliés politiques, évoluent désormais à la tête de formations distinctes, leurs partisans se livrant à des accusations réciproques sur la gestion des affaires publiques.
Initialement, la proposition portée par la majorité parlementaire dirigée par Ousmane Sonko devait uniquement concerner le président de la République. Les députés ont finalement élargi son champ d’application au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre.
Le texte a été adopté par 133 députés sur les 165 que compte l’Assemblée nationale. À travers cette réforme, les autorités sénégalaises entendent renforcer la reddition des comptes et instaurer davantage de visibilité sur l’évolution du patrimoine des principaux dirigeants du pays.