Tunisie : le chroniqueur Haythem El Mekki condamné à un an de prison, les journalistes inquiets

Jeudi 16 Juillet 2026 17:00

Le journaliste Haythem El Mekki a écopé d’un an de prison en appel, relançant le débat sur la liberté d’expression en Tunisie.


Le chroniqueur Haythem El Mekki condamné à un an de prison, une décision qui inquiète les médias.
 

La condamnation de Haythem El Mekki ravive les inquiétudes sur l’état de la liberté de la presse en Tunisie. Le chroniqueur et analyste politique tunisien a annoncé, mercredi 15 juillet 2026, avoir été condamné en appel à un an d’emprisonnement pour « diffusion de fausses informations ».
 

Cette décision judiciaire fait suite à une affaire ouverte en 2024 après une publication du journaliste sur les réseaux sociaux concernant les conditions dans la morgue de l’hôpital de Sfax. Poursuivi sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications, Haythem El Mekki avait pourtant bénéficié d’un non-lieu en première instance avant d’être finalement condamné en appel.
 

Figure médiatique connue pour ses critiques du président Kaïs Saïed, le chroniqueur a réagi avec ironie sur sa page Facebook : « Ce n’est pas grave, Tunisie. Tu as toujours été une grande prison, même si parfois tu offres une soupape. »
 

Cette condamnation intervient dans un contexte marqué par une multiplication des poursuites contre des journalistes, des opposants politiques et des défenseurs des droits humains. Au cœur des critiques figure notamment le décret-loi n°54, adopté par le président tunisien pour lutter contre la diffusion de fausses informations. Les organisations de défense des libertés estiment que ce texte est devenu un outil de pression contre les voix critiques du pouvoir.
 

Ancien chroniqueur vedette de l’émission « Midi Show » sur Mosaïque FM, Haythem El Mekki est considéré comme l’un des commentateurs politiques les plus influents de la période post-révolution de 2011. Il siège également au comité éditorial de la plateforme indépendante Rachma.
 

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé une décision qui, selon lui, traduit une « tendance inquiétante » et pourrait renforcer un climat d’intimidation et d’autocensure dans les médias.
 

Depuis 2023, Haythem El Mekki a été visé par trois procédures judiciaires liées à ses interventions publiques. Son affaire symbolise les tensions persistantes entre le pouvoir tunisien et les acteurs de la société civile, alors que plusieurs organisations alertent sur le recul des libertés publiques depuis le renforcement des pouvoirs présidentiels engagé en 2021.

 
 
Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan