Togo : l’opposition réclame une transition pour sortir de la crise constitutionnelle

Jeudi 27 Aout 2026 20:00

Réunis au sein du front « Touche pas à ma Constitution », les partis d’opposition togolais réclament une transition et un retour à l’ordre constitutionnel.


Faure Gnassingbé
 

Au Togo, l’opposition veut franchir un nouveau cap dans sa contestation de la Constitution de 2024. Réunis au sein du front « Touche pas à ma Constitution », plusieurs partis dénoncent une réforme qui, selon eux, permettrait à Faure Gnassingbé de conserver durablement le pouvoir dans ses nouvelles fonctions de président du Conseil.
 

Cette mobilisation s’appuie notamment sur un avis de la Cour de justice de la Cédéao rendu fin janvier. La juridiction régionale a estimé que la réforme constitutionnelle togolaise constituait un « changement inconstitutionnel de gouvernement ». Les autorités togolaises contestent cette lecture et considèrent que la Cour a outrepassé ses compétences.
 

Pour Nathaniel Olympio, porte-parole du front d’opposition, cette décision doit désormais pousser la Cédéao et l’Union africaine à agir. L’opposition demande également aux partenaires internationaux du Togo de prendre en compte ce qu’elle considère comme une perte de légitimité des autorités actuelles.
 

Le mouvement entend toutefois privilégier une mobilisation pacifique, malgré un contexte marqué par de précédentes répressions. Nathaniel Olympio dénonce notamment les violences ayant accompagné les manifestations et appelle les organisations régionales à garantir le respect des libertés publiques.
 

Mais l’opposition va plus loin. Face au désaccord sur la Constitution, elle estime que le pays se trouve dans un « vide constitutionnel ». Selon elle, l’ancienne Constitution de 1992 n’est plus applicable, tandis que le nouveau texte est jugé illégitime. Sa proposition : ouvrir une période de transition.
 

Cette transition devrait, selon le front, être accompagnée d’institutions provisoires et d’une Assemblée constituante chargée de revoir les textes fondamentaux. Des Assises nationales permettraient également de débattre de l’avenir institutionnel du pays.
 

Cette revendication ouvre ainsi une nouvelle phase dans le bras de fer entre le pouvoir togolais et son opposition. Reste à savoir si le dialogue politique permettra d’éviter une nouvelle confrontation et de trouver une issue institutionnelle à la crise.

Félix N'Guessan
Lu 4 fois
Félix N'Guessan