Le gouvernement tchadien a officiellement notifié, le 27 juillet, au secrétaire général des Nations unies sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Cette démarche, effectuée conformément à l'article 127 du Statut de Rome, traduit la volonté de N’Djamena de rompre avec une institution qu'il accuse d'appliquer une justice « sélective » au détriment du continent africain.
Les autorités tchadiennes estiment que le fonctionnement de la CPI, depuis son entrée en activité en 2002, n'a pas répondu aux attentes. Elles soulignent que la majorité des enquêtes et des poursuites engagées par la Cour concernent des pays africains, illustrant, selon elles, un déséquilibre dans l'action de la juridiction internationale.
Par cette décision, le Tchad se rapproche de la position défendue par les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) – Burkina Faso, Mali et Niger –, qui ont eux aussi engagé leur retrait de la CPI au nom de la souveraineté judiciaire africaine. N'Djamena appelle désormais l'Union africaine à accélérer la mise en place de mécanismes judiciaires continentaux capables de juger les crimes les plus graves.
Le gouvernement précise toutefois que ce retrait ne signifie pas un renoncement à la lutte contre l'impunité. Il affirme vouloir renforcer les juridictions nationales et les institutions africaines afin d'assurer la poursuite des auteurs de crimes internationaux. Conformément aux dispositions du Statut de Rome, le retrait du Tchad prendra effet le 27 juillet 2027.