Tabaski 2026 : le Burkina Faso ferme ses frontières, Abidjan craint une pénurie de moutons

Mardi 12 Mai 2026 09:00

À quelques semaines de la Tabaski, la suspension des exportations de bétail du Burkina Faso fait craindre des tensions sur le marché ivoirien.


Le pari des 172.000 têtes devient plus difficile pour la Côte d’Ivoire
 

À l’approche de la Tabaski 2026, l’inquiétude gagne progressivement les marchés à bétail en Côte d’Ivoire. Alors que le pays doit mobiliser près de 172.000 têtes pour satisfaire la demande liée à l’Aïd-el-Adha, la décision du Burkina Faso de suspendre l’exportation de ses animaux sur pied vient fragiliser l’approvisionnement attendu par Abidjan.
 

Dans un communiqué rendu public le 11 mai 2026, les autorités burkinabè ont annoncé l’arrêt immédiat de la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE). Objectif affiché : préserver le marché intérieur et éviter une flambée des prix à quelques jours de cette fête religieuse majeure. Les détenteurs d’autorisations encore valides disposent toutefois d’un délai d’une semaine pour finaliser leurs opérations.

Cette mesure intervient dans un contexte sensible pour la Côte d’Ivoire, fortement dépendante des pays de la sous-région pour alimenter ses marchés en période de Tabaski. Le Burkina Faso figure parmi les principaux fournisseurs de bétail, aux côtés du Mali, du Niger et du Bénin.
 

Sur les marchés ivoiriens, les acteurs de la filière redoutent déjà des conséquences sur les prix. Une baisse des arrivages pourrait entraîner une hausse du coût des moutons dans les prochains jours, au moment où de nombreuses familles s’activent pour préparer la fête du sacrifice.
 

Face à cette situation, les importateurs ivoiriens tentent de se réorganiser. Des discussions seraient engagées avec d’autres pays fournisseurs afin de compenser le manque annoncé. Mais le défi reste important tant le volume attendu est élevé.
 

Pour les consommateurs comme pour les commerçants, l’évolution du marché sera suivie avec attention dans les jours à venir. Car au-delà de la fête religieuse, c’est toute l’économie du bétail qui retient aujourd’hui son souffle.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan