La récente déclaration de certaines têtes couronnées continue d’alimenter les débats au sein de la communauté Gblo. Réagissant à cette actualité le 06 juin 2026, le Dr Koffi Konan Emmanuel, spécialiste des Traditions et Littératures orales, appelle à la sagesse, au dialogue et à la préservation de l’unité communautaire autour du ministre Jacques Assahoré Konan.
Selon lui, cette situation mérite d’être examinée avec sérénité et responsabilité, conformément aux valeurs ancestrales qui fondent la philosophie Gblo.
« À Abidjan, nous disons souvent que la nuit porte conseil », rappelle-t-il. Il cite également plusieurs enseignements de la tradition orale : « Lorsque l’animal a été mal tué, on ne le découpe pas comme on l’a tué » ou encore « Nous avons du sang en nous, mais nous rejetons la salive ».
À travers ces images, le spécialiste invite à la retenue et à la réflexion. Tout en réaffirmant son profond respect pour les autorités traditionnelles, il estime que certaines préoccupations auraient pu être abordées dans un cadre plus discret, à travers les mécanismes traditionnels et institutionnels existants.
Selon lui, les parents ont toujours le devoir de protéger leurs enfants, surtout lorsque ceux-ci occupent d’importantes fonctions au sein de l’État.
« Le Gblo ne doit pas fragiliser son fils qui siège aujourd’hui au Gouvernement. Les parents sont là pour conseiller, orienter et accompagner leurs enfants », souligne-t-il.
Le Dr Koffi Konan Emmanuel rappelle également qu’en dehors du ministre François Albert Amichia, c’est la première fois qu’un fils du Gblo accède à de si hautes responsabilités gouvernementales. Une réalité qui, selon lui, devrait constituer un motif de fierté collective et appeler davantage à l’accompagnement qu’à l’exposition publique des divergences.
Il met également en avant l’une des valeurs essentielles du peuple Gblo : la discrétion.
« Le serpent n’enlève pas ses écailles en public », rappelle-t-il, en citant un proverbe bien connu du terroir.
Pour l’universitaire, les chefs concernés disposent de canaux privilégiés leur permettant d’interpeller, de conseiller ou d’écouter leur fils lorsqu’une situation l’exige.
Il insiste par ailleurs sur le rôle et la portée symbolique de la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels.
« La Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels est un symbole fort de la République. Les hommes qui l’incarnent et qui l’aiment sont reconnus pour leur sagesse, leur humilité et leur sens élevé de la responsabilité. Les questions qui concernent cette institution méritent d’être examinées avec discernement, dans la discrétion et le respect des procédures établies », affirme-t-il.
Au-delà de cette situation, le Dr Koffi Konan Emmanuel propose la création de plateformes permanentes de dialogue communautaire réunissant les jeunes, les femmes, les chefs traditionnels, les cadres et les guides religieux du Gblo. Selon lui, ces cadres permettront d’anticiper les incompréhensions, de renforcer le dialogue intergénérationnel et de consolider la cohésion au sein de la communauté.
Il invite également chacun à éviter les interprétations politiques susceptibles de créer des divisions inutiles.
« Nous devons privilégier l’écoute, le dialogue et la concertation. Évitons les lectures politiques des situations qui touchent notre communauté. Recherchons toujours ce qui rassemble plutôt que ce qui divise », recommande-t-il.
Pour le spécialiste des Traditions et Littératures orales, le Gblo doit demeurer un espace de solidarité, de conseil et d’accompagnement. Il estime que la communauté a le devoir de soutenir ses filles et ses fils appelés à servir la Nation, tout en leur apportant, lorsque cela est nécessaire, des conseils constructifs dans un cadre approprié.
« Le Gblo doit être une force pour son fils, le ministre Jacques Assahoré Konan. Agissons toujours dans l’intérêt de nos enfants, de notre communauté, de la cohésion sociale et de la paix », conclut le Dr Koffi Konan Emmanuel.
À travers cet appel, il plaide pour un esprit de rassemblement, de dialogue permanent et de responsabilité collective afin de préserver l’unité du Gblo, de valoriser ses institutions traditionnelles et d’accompagner ses fils et filles engagés au service de la République.