Soudan : Amnesty International accuse les FSR de « nettoyage ethnique » au Darfour

Jeudi 2 Juillet 2026 12:00

Au Soudan, Amnesty International accuse les Forces de soutien rapide de crimes contre l’humanité et de « nettoyage ethnique » au Darfour-Nord (2024-2025).


Des éléments des Forces de soutien rapide (FSR)
 

Dans un nouveau rapport publié mercredi, l’organisation Amnesty International accuse les Forces de soutien rapide (FSR) d’avoir mené une campagne de violences systématiques au Darfour-Nord, susceptible de constituer des crimes contre l’humanité, voire un possible génocide encore à l’étude.
 

Le document, intitulé Ville assiégée, enfants pris pour cibles, s’appuie sur 247 témoignages recueillis entre 2024 et 2025 autour d’El-Facher. Amnesty décrit des attaques répétées contre des villages, camps de déplacés et zones urbaines majoritairement habitées par la communauté zaghawa. Incendies, exécutions sommaires, viols et enlèvements y sont documentés, dans un contexte de siège prolongé ayant provoqué une situation de famine.
 

Selon l’ONG, ces violences auraient visé à rendre certaines zones inhabitables, entraînant des déplacements massifs de populations et une modification forcée de la composition démographique. Les enfants figurent parmi les premières victimes, plusieurs cas de meurtres, enrôlements forcés et violences sexuelles étant rapportés.
 

Ces conclusions rejoignent celles d’une mission d’enquête de l’United Nations, qui avait déjà évoqué en février des actes pouvant relever du génocide. L’organisation appelle à une intervention urgente pour protéger les civils, alors que le conflit entre l’armée soudanaise, dirigée par Abdel Fattah al-Burhane, et les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo a déjà provoqué des dizaines de milliers de morts et plus de 10 millions de déplacés.
 

Amnesty met en garde contre une extension des violences vers d’autres régions, notamment le Kordofan, et appelle à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu’au déploiement d’une force internationale de protection des civils. L’organisation avertit que sans réaction rapide, la spirale de violences pourrait s’aggraver dans un conflit déjà qualifié de l’un des plus graves au monde.
 

 
 
Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan