Ousmane Sonko demeure le maître incontesté du Pastef. Réuni en congrès à Diamniadio, près de Dakar, le parti au pouvoir a reconduit samedi son fondateur à sa présidence pour un nouveau mandat de six ans. Une réélection à l’unanimité qui confirme l’emprise politique de celui qui reste la figure centrale du mouvement ayant porté l’alternance historique de 2024 au Sénégal.
Ce sacre intervient toutefois dans un contexte inédit. Quelques semaines après son éviction de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko se retrouve désormais à la tête de l’Assemblée nationale et du parti majoritaire, deux leviers institutionnels majeurs qui lui confèrent un poids considérable dans le paysage politique sénégalais.
Dans son discours, le leader du Pastef n’a pas caché ses réserves face à l’évolution du pouvoir. Sans citer directement le chef de l’État, il a mis en garde contre toute prise de distance avec la dynamique populaire qui a conduit son camp aux responsabilités. Des propos interprétés comme une nouvelle illustration des divergences grandissantes entre les deux anciens compagnons de lutte.
Le rapport de force demeure cependant complexe. Avec 130 députés sur 165, le Pastef dispose d’une majorité écrasante capable, en théorie, de faire tomber le gouvernement par une motion de censure. De son côté, le président Diomaye Faye conserve la prérogative de former un nouvel exécutif et pourra, à partir de novembre 2026, dissoudre l’Assemblée nationale.
Cette coexistence entre deux figures fortes du pouvoir ouvre une séquence politique déterminante pour le Sénégal. La réélection de Sonko apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple renouvellement de mandat : elle marque le début d’un nouvel épisode dans la recomposition des équilibres au sommet de l’État.