L’ancien président sénégalais Macky Sall ne compte pas renoncer à ses ambitions internationales. Malgré le refus de l’Union africaine (UA) d’apporter un soutien officiel à sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), il affiche sa détermination et assure rester pleinement dans la course.
À l’origine de cette situation, une procédure interne à l’UA qui n’a pas permis de dégager un consensus. Dans un premier temps, 20 États membres sur 55 ont exprimé leur opposition, dépassant le seuil d’un tiers, fixé à 18, nécessaire pour valider une position commune. Fait notable : le Sénégal figurait lui-même parmi les pays ayant émis des réserves.
Mais depuis, les lignes ont légèrement bougé. Dans un communiqué, l’entourage de Macky Sall indique que l’Égypte et le Liberia se sont retirés du groupe des opposants. Le nombre d’objections et de demandes de prolongation est ainsi retombé à 18, soit exactement le seuil limite. Une évolution que ses partisans interprètent comme un signal suffisant pour maintenir la candidature sur les rails.
Dans le camp de l’ancien chef de l’État, on relativise l’absence d’un adoubement formel de l’UA. Seydou Guèye, ex-porte-parole de la présidence sénégalaise, rappelle que les règles des organisations internationales n’exigent pas un tel soutien pour concourir. Il met également en avant une dynamique favorable : selon lui, 36 pays africains, soit près des deux tiers du continent, auraient déjà exprimé leur appui.
Reste que tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Des voix discordantes, comme celle du Nigeria, invoquent le principe de rotation géographique, estimant que le prochain patron de l’ONU devrait revenir à l’Amérique latine ou aux Caraïbes.
Alors que le mandat de António Guterres, en poste depuis 2017, arrive à échéance fin 2026, la bataille diplomatique ne fait que commencer. Dans ce jeu d’influences où chaque soutien compte, Macky Sall entend bien faire valoir ses atouts — quitte à avancer sans l’unanimité africaine.