Au Sahel, la menace terroriste demeure persistante et continue de peser lourdement sur la sécurité régionale. Selon le dernier Indice mondial du terrorisme publié par l’Institute for Economics and Peace, près de la moitié des quelque 5.600 décès liés au terrorisme dans le monde en 2025 ont été enregistrés dans cette zone. Une proportion qui illustre la montée en puissance progressive de la région dans la cartographie mondiale de la violence extrémiste, alors qu’elle ne représentait qu’environ 1 % des morts en 2007.
Cette tendance s’inscrit dans une dynamique déjà observée les années précédentes. En 2024, plus de la moitié des 7.555 victimes du terrorisme dans le monde avaient été recensées au Sahel. Si une légère baisse globale est observée en 2025, elle ne traduit pas un recul significatif de la menace, mais plutôt une recomposition des modes opératoires et des cibles.
Les groupes jihadistes, notamment affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ont renforcé leurs capacités et étendu leur zone d’influence. Ils opèrent désormais au-delà des zones rurales, multipliant les incursions dans des centres urbains stratégiques. Des attaques ciblant des infrastructures sensibles, comme des aéroports militaires ou des positions sécuritaires majeures, témoignent de cette évolution.
Dans ce contexte, certains pays enregistrent toutefois des avancées. Le Burkina Faso, par exemple, a connu une baisse notable du nombre de décès liés au terrorisme en 2025. Cette diminution s’explique en partie par une réduction des pertes civiles, les groupes armés orientant davantage leurs actions vers des cibles militaires.
La menace ne se limite plus aux pays historiquement touchés. Elle s’étend progressivement vers les États côtiers d’Afrique de l’Ouest, accentuant les inquiétudes régionales. Face à cette situation, les appels à une coopération renforcée entre États se multiplient. Le partage du renseignement, la coordination des actions militaires et la gestion commune des frontières apparaissent comme des leviers essentiels pour contenir l’expansion des groupes armés.
Au-delà de la réponse sécuritaire, les initiatives locales de consolidation de la paix jouent également un rôle crucial. Sur le terrain, des organisations accompagnent les communautés, notamment les jeunes et les femmes, afin de prévenir les conflits et favoriser le dialogue. Ces actions visent à traiter les causes profondes des violences, souvent liées à des tensions intercommunautaires.
Malgré ces efforts, le Sahel reste aujourd’hui l’épicentre mondial du terrorisme, avec des défis sécuritaires, politiques et sociaux étroitement imbriqués.