SOTRA : combien de bus faudra-t-il encore voir partir en fumée ?

Mardi 8 Septembre 2026 09:00

Cinquante-cinq bus touchés, dont 40 calcinés, sans victime humaine : l’incendie de Koumassi relance les questions sur la sécurité des dépôts.


55 bus touchés, dont 40 calcinés : le dépôt 5 de la SOTRA ravagé par un violent incendie.
 

Encore des bus en flammes, encore des carcasses métalliques noircies. Dans la nuit du 6 septembre, un incendie a ravagé le dépôt 5 de la Société des transports abidjanais (SOTRA), à Koumassi. Le feu, qui serait parti d’un autobus immobilisé pour maintenance, s’est rapidement propagé aux véhicules stationnés à proximité.
 

Les sapeurs-pompiers militaires sont intervenus pour circonscrire le sinistre. Le bilan provisoire est lourd : 55 autobus touchés, dont 40 entièrement détruits. Aucun décès ni blessé n’a heureusement été enregistré. Une nouvelle qui soulage, mais qui ne saurait faire oublier l’ampleur des dégâts.
 

Car cet incendie intervient dans un contexte préoccupant. En novembre 2025, 19 bus avaient été détruits dans un incendie au dépôt 9 d’Abobo. Un mois auparavant, une quinzaine de véhicules avaient été touchés par les flammes dans une gare de Koumassi. Cette répétition interpelle.
 
L’urgence de comprendre et de prévenir

Sans préjuger des conclusions de l’enquête, plusieurs questions méritent désormais des réponses. Les dispositifs de prévention incendie sont-ils suffisamment efficaces dans les dépôts ? Les équipements électriques et mécaniques font-ils l’objet de contrôles réguliers ? Les procédures de maintenance et les moyens d’intervention sont-ils adaptés ?
 

Ces interrogations concernent directement la sécurité d’un service public essentiel à la mobilité de centaines de milliers d’Abidjanais. Chaque autobus détruit représente non seulement une perte financière, mais aussi une réduction de l’offre de transport, dans une ville déjà confrontée à une forte demande de mobilité.
 

La SOTRA a annoncé des dispositions pour assurer la continuité du service. Mais au-delà de la réaction immédiate, ce nouveau sinistre devrait pousser à une évaluation globale des dispositifs de sécurité de ses dépôts et sites techniques.
 

Les conclusions de l’enquête devront permettre d’établir les causes du feu et d’identifier d’éventuelles défaillances. Car 40 bus calcinés en une seule nuit ne peuvent être considérés comme un simple fait divers. C’est un signal d’alarme. Et lorsque l’alarme se répète, il devient urgent d’agir avant le prochain incendie.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan