L’ancien ministre de la Justice congolais, Constant Mutamba, sera entendu le 19 mai dans le cadre du procès lié au Fonds spécial d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (Frivao). Initialement attendu à l’audience du 5 mai, il ne s’est pas présenté, invoquant des raisons de santé.
Au cœur de cette affaire, des soupçons de détournements de fonds destinés aux victimes de la guerre des Six Jours de Kisangani, survenue en juin 2000. Les montants en jeu, estimés à plusieurs dizaines de millions de dollars, alimentent un vaste scandale de gestion publique.
Principal accusé, Chançard Bolukola, ancien secrétaire particulier de Mutamba et ex-directeur général intérimaire du Frivao, est poursuivi pour détournement et blanchiment de capitaux. Le parquet lui reproche notamment l’attribution irrégulière de marchés publics, dont 1,6 million de dollars pour un documentaire et près de 35 millions de dollars de contrats passés sans respect des procédures.
La défense affirme que ces décisions relevaient d’instructions directes du ministre, évoquant également des procédures d’urgence prévues par la loi.
À Kisangani, la société civile réclame la transparence, tandis que de nombreuses victimes attendent toujours leur indemnisation, dans un contexte marqué par des accusations récurrentes de mauvaise gestion du Frivao.