Probo Koala : 20 ans après, le scandale des déchets toxiques reste dans les mémoires

Jeudi 20 Aout 2026 22:00

Vingt ans après le déversement de plus de 500 tonnes de déchets toxiques à Abidjan, le drame du Probo Koala continue de hanter les victimes.


Le 19 août 2006, un navire déversait plus de 500 tonnes de produits nocifs à Abidjan. 17 personnes ont officiellement trouvé la mort et quelque 100 000 autres ont été intoxiquées.
 

Le 19 août 2006, Abidjan basculait dans l’une des plus graves crises environnementales de son histoire. Le Probo Koala, cargo battant pavillon panaméen et affrété par la société de négoce Trafigura, débarquait dans la capitale économique ivoirienne plus de 500 tonnes de déchets toxiques.
 

Présentés à l’origine comme de simples « eaux sales », ces produits ont été déversés sur plusieurs sites d’Abidjan, notamment à proximité de zones habitées. Les émanations provoquées par ces substances ont rapidement entraîné une vague d’intoxications. Le bilan officiel fait état de 17 morts et près de 100 000 personnes intoxiquées.
 
Un drame aux lourdes conséquences

Difficultés respiratoires, douleurs thoraciques et abdominales, vomissements : les symptômes se sont multipliés parmi les populations exposées. Dans certains quartiers, les habitants ont également évoqué des conséquences durables sur leur santé et leur environnement.
 

Les déchets auraient initialement dû être traités aux Pays-Bas. Mais le coût de leur traitement ayant fortement augmenté, Trafigura aurait finalement opté pour une solution moins coûteuse en Côte d’Ivoire.
 

En 2007, une commission d’enquête internationale a retenu la responsabilité principale de l’affréteur dans les dommages causés. La même année, Trafigura a conclu un accord avec l’État ivoirien portant sur 95 milliards de francs CFA, soit environ 153 millions d’euros, en échange de l’abandon des poursuites.
 
Vingt ans après, des questions persistent

Une partie des fonds a été consacrée à la dépollution des sites et à l’indemnisation des victimes. Mais cette réparation demeure au cœur des contestations. Des associations dénoncent des irrégularités dans la gestion des indemnisations et estiment que de nombreuses victimes n’ont toujours pas obtenu une réparation à la hauteur des préjudices subis.
 

En 2023, la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples a d’ailleurs jugé insuffisant le dispositif ivoirien d’indemnisation et demandé la création d’un fonds destiné à réparer les préjudices.
 

Si les autorités ivoiriennes ont annoncé en 2015 l’achèvement de la décontamination des sites concernés, le souvenir du Probo Koala reste profondément ancré dans la mémoire collective. Vingt ans après, le scandale rappelle les risques liés à la gestion des déchets dangereux et l’importance de la responsabilité environnementale.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan