Pouvoir, PASTEF et ambitions : comprendre le duel Diomaye-Sonko

Mardi 26 Mai 2026 06:00

Entre rivalité institutionnelle, lutte d’influence et contrôle du PASTEF, les tensions entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko révèlent une bataille de pouvoir désormais ouverte.


Sonko-Diomaye, duel à l'horizon.
 

Longtemps présentés comme les deux faces d’un même projet politique, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko affichent désormais des divergences qui ne se cachent plus. Au Sénégal, le tandem victorieux de 2024 semble engagé dans une relation de méfiance croissante, alimentée par les questions de pouvoir, de légitimité et de contrôle du parti au pouvoir.
 

Pour de nombreux observateurs, la crise actuelle trouve son origine dans l’équilibre institutionnel mis en place après l’élection présidentielle. Empêché d’être candidat, Sonko avait porté la candidature de Diomaye Faye, son compagnon politique de longue date et secrétaire général du PASTEF. Une fois au pouvoir, le nouveau président avait accordé des prérogatives inédites à son Premier ministre, allant jusqu’à lui laisser une influence considérable dans la composition du gouvernement, y compris sur certains ministères régaliens.
 

Mais très vite, les tensions sont apparues. Sonko, figure centrale du projet pastefien et principal moteur de la mobilisation populaire, a continué d’occuper le terrain politique et médiatique comme le véritable patron de la majorité. Ses sorties répétées, parfois critiques envers la présidence, ont progressivement nourri l’idée d’un bicéphalisme au sommet de l’État, dans un régime pourtant présidentiel.
 

Face à cette situation, Diomaye Faye semble désormais vouloir réaffirmer son autorité. Selon plusieurs analystes, le chef de l’État estime avoir suffisamment patienté face à un Premier ministre accusé de ne jamais avoir réellement accepté une position subordonnée. Dans l’entourage présidentiel, certains rappellent d’ailleurs que Diomaye n’est pas un simple héritier politique de Sonko, mais l’un des principaux architectes du PASTEF.
 

Le contexte politique pourrait toutefois accélérer cette confrontation. L’Assemblée nationale sénégalaise vient de convoquer les députés pour examiner la réintégration de Sonko et procéder à l’élection d’un nouveau président du Parlement. Si l’actuel Premier ministre parvient à prendre la tête de l’institution, il contrôlerait alors le pouvoir législatif, ouvrant une nouvelle phase dans son bras de fer avec la présidence.
 

Dans un tel scénario, le Sénégal pourrait entrer dans une cohabitation informelle au sommet même du pouvoir. Car derrière les divergences personnelles, c’est désormais la question du contrôle du PASTEF et de la succession politique de 2029 qui commence à se dessiner.

 
Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan