Dans les salons feutrés des hôtels de la capitale, dans les bureaux ministériels et les couloirs administratifs, les rendez-vous s’enchaînent. Depuis plusieurs semaines, un ballet discret de traders pétroliers internationaux anime Conakry. Leur objectif : se positionner avant le renouvellement du principal contrat d’approvisionnement de l’État en essence et en gasoil.
L’enjeu est de taille. La Guinée ne produit pas de pétrole et ne dispose d’aucune raffinerie. Chaque litre consommé sur son territoire arrive par voie maritime, principalement via le port de Conakry, avant d’être stocké puis distribué sur l’ensemble du pays. Cette dépendance totale aux importations confère à ce contrat une importance stratégique majeure.
Dans un contexte international marqué par la volatilité des cours, les tensions géopolitiques et les fluctuations des coûts logistiques, sécuriser un fournisseur fiable à des conditions compétitives relève autant de la diplomatie économique que de la gestion budgétaire.
Parmi les groupes cités dans les milieux spécialisés figurent notamment ADNOC, Aramco Trading et Oryx Energies. Ces acteurs, rompus au négoce international de produits raffinés, disposent de solides capacités logistiques et financières. Remporter le marché guinéen leur garantirait des volumes réguliers sur plusieurs années — un avantage non négligeable dans un secteur très concurrentiel.
Pour l’instant, toutefois, aucune attribution officielle n’a été annoncée.