Peste porcine africaine : 1 185 porcs abattus pour freiner la propagation du virus dans le Gôh

Jeudi 6 Aout 2026 16:00

Face à la recrudescence de la peste porcine africaine, l'État intensifie la riposte à Gagnoa et Guibéroua pour protéger la filière porcine.


 

La Côte d'Ivoire poursuit sa lutte contre la peste porcine africaine (PPA), une épizootie qui continue de menacer la filière porcine nationale. Dans un communiqué publié le 5 août, le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) annonce l'abattage sanitaire de 1 185 porcs dans les départements de Gagnoa et de Guibéroua afin de contenir la propagation du virus.
 

Depuis le début de l'année 2026, plusieurs foyers de contamination ont été enregistrés dans le pays. Face à cette situation, le département de Gagnoa a été placé en zone infectée dès le 2 juin. Cette décision a permis la mise en œuvre de mesures de police sanitaire, notamment la limitation des mouvements d'animaux, la désinfection des exploitations et l'abattage des porcs infectés ou exposés.
 

Entre le 31 mai et le 18 juin, 1 092 porcs ont ainsi été éliminés dans les secteurs de Zapata-Rosier et de Bayota. Mais le non-respect des règles de biosécurité, conjugué à l'existence d'élevages clandestins, a favorisé l'extension de la maladie jusqu'au département voisin de Guibéroua. Les analyses du Laboratoire central vétérinaire de Bingerville (LANADA) ont confirmé, le 27 juillet, un nouveau foyer dans une exploitation non déclarée de Petit Bondoukou. Quatre jours plus tard, 93 porcs y étaient abattus.
 

Le MIRAH rappelle que la PPA est une maladie à déclaration obligatoire et invite les éleveurs à signaler sans délai toute mortalité suspecte. Le ministère souligne que les opérations d'abattage, prévues par le Code de la santé publique vétérinaire, visent à préserver le cheptel national, protéger les revenus des producteurs et garantir la sécurité sanitaire des consommateurs.
 

Introduite en Côte d'Ivoire en 1996, la peste porcine africaine reste un défi majeur. En 2024, la plus grave épizootie enregistrée dans le pays avait entraîné l'abattage de plus de 107 000 porcs, affecté plus de 1 400 éleveurs et occasionné des pertes estimées à plus de 20 milliards de FCFA. Pour limiter l'impact économique de cette nouvelle vague, le gouvernement prévoit un mécanisme d'indemnisation des éleveurs concernés et renforce sa cellule d'urgence vétérinaire.
 

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan