L’alerte est de taille. Le 30 avril 2026, à Abidjan, Stan Zézé a révélé un chiffre vertigineux : près de 4 600 milliards de FCFA échappent chaque année à la Côte d’Ivoire du fait de l’orpaillage illégal. En toile de fond, ce sont plus de 142 tonnes d’or qui disparaissent des circuits officiels, privant l’État de ressources essentielles.
Longtemps marginal, le secteur minier formel s’impose désormais comme un levier économique majeur, contribuant jusqu’à 5 % du PIB. Les ambitions sont claires : atteindre 6 % dès 2025 et renforcer la place du pays parmi les leaders miniers africains. Mais cette dynamique est fragilisée par l’ampleur des activités clandestines.
Au-delà des pertes financières, l’orpaillage illégal nourrit des réseaux parallèles et alimente l’insécurité. Des sites incontrôlés, souvent soutenus par des financements étrangers, deviennent des zones de non-droit, où prolifèrent trafics, violences et tensions foncières. L’impact environnemental est tout aussi préoccupant, avec des sols et cours d’eau contaminés au mercure.
Face à ce défi, le gouvernement, sous l’impulsion du ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly, intensifie la riposte. La Brigade de Répression des Infractions au Code Minier multiplie les opérations de démantèlement, tandis que des réformes visent à durcir les sanctions et structurer davantage le secteur.
L’enjeu est clair : transformer la richesse du sous-sol en moteur de développement durable, au bénéfice de tous, et non d’une économie souterraine.