La lutte contre l’orpaillage clandestin franchit un nouveau cap en Côte d’Ivoire. Réuni jeudi au Palais présidentiel sous la présidence d’Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité (CNS) a adopté plusieurs mesures destinées à mieux encadrer l’activité minière et à intensifier les opérations contre les exploitations illégales.
Mesure phare : l’instauration immédiate d’un moratoire de six mois sur la délivrance des autorisations d’exploitation minière artisanale et semi-industrielle. Cette décision intervient après l’atelier national de concertation organisé début septembre à Yamoussoukro, au cours duquel les préfets de région ont été mobilisés autour de l’objectif d’éradiquer l’orpaillage illégal.
Le dispositif prévoit notamment la création de 21 Pelotons de sécurité fluviale pour renforcer la surveillance des cours d’eau, le durcissement des sanctions contre les exploitants clandestins et leurs complices, ainsi que le renforcement des brigades du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal.
En parallèle, le Premier ministre devra proposer un plan de professionnalisation de la filière aurifère. Celui-ci devrait intégrer une cartographie du patrimoine minier, la création de comptoirs d’achat et le développement de raffineries d’or.
Le CNS a également fait le point sur l’opération « Épervier Spécial », lancée le 7 septembre pour 90 jours à Bouaké, Daloa et Korhogo. En dix jours, les forces mobilisées ont démantelé 56 fumoirs, interpellé 196 trafiquants et saisi près de 183 tonnes de médicaments de qualité inférieure et falsifiés.
Sur le front de la sécurité routière, plus de 3 500 engins ont par ailleurs été saisis dans le cadre de la lutte contre l’incivisme. Le CNS relève toutefois une hausse de 7 % des accidents entre juillet et août 2026, appelant au maintien de la vigilance.