Orpaillage clandestin : ces milliards qui échappent à l’économie ivoirienne

Mardi 8 Septembre 2026 10:00

L’orpaillage clandestin prive la Côte d’Ivoire de recettes importantes et d’une richesse qui pourrait davantage contribuer au financement du développement.


L’orpaillage clandestin ferait perdre plus de 700 milliards FCFA de recettes fiscales à l’État.
 

La Côte d’Ivoire dispose d’importantes ressources aurifères, mais une partie de cette richesse continue d’échapper au circuit légal. Selon des estimations relayées sur les réseaux sociaux, la valeur de l’or extrait clandestinement pourrait atteindre 4 600 milliards de FCFA, tandis que les recettes fiscales potentiellement perdues dépasseraient 700 milliards de FCFA.
 

Ces montants doivent toutefois être considérés avec prudence. Les 4 600 milliards correspondent à une estimation de la valeur de l’or produit clandestinement et non à des recettes que l’État aurait pu récupérer intégralement. Les pertes fiscales réelles dépendent notamment des volumes produits, des coûts d’exploitation et de la fiscalité applicable.
 

L’enjeu économique reste néanmoins majeur. L’or commercialisé en dehors des circuits réglementés échappe en partie à la traçabilité, à la fiscalité et aux mécanismes de redistribution. Une meilleure maîtrise de cette activité pourrait ainsi renforcer les ressources publiques et soutenir des secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé, les infrastructures et l’agriculture.
 

À cette perte financière s’ajoutent de lourdes conséquences environnementales et sociales : destruction des terres, pollution des cours d’eau, risques sanitaires et développement d’activités difficiles à contrôler.
 

Face à ce phénomène, la réponse ne saurait reposer uniquement sur la répression. La formalisation de l’orpaillage artisanal, l’encadrement des exploitants, la transparence des circuits de commercialisation et l’accompagnement des populations concernées apparaissent essentiels.
 

L’enjeu est finalement de transformer une richesse aujourd’hui partiellement soustraite à l’économie formelle en ressources pour financer des écoles, des centres de santé, des routes, des emplois et de nouvelles opportunités pour les jeunes.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan