ORPAILLAGE CLANDESTIN EN AFRIQUE DE L’OUEST : jusqu’où ira la ruée des chercheurs d’or burkinabè chez les voisins ?

Mardi 3 Novembre 2026 10:00

De la Côte d’Ivoire à la Guinée, l’orpaillage clandestin impliquant des ressortissants burkinabè suscite colère et inquiétude. Jusqu’où ira cette ruée destructrice ?


Des orpailleurs clandestins burkinabé arrêtés dans une forêt classée en Côte d'Ivoire.
 

La scène se répète dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Des ressortissants burkinabè sont régulièrement interpellés sur des sites d’orpaillage clandestin, accusés de participer à l’exploitation illégale des ressources aurifères, au mépris des lois des pays d’accueil et de la préservation de leur environnement. Hier, la Côte d’Ivoire et le Ghana multipliaient les opérations de répression. Aujourd’hui, la Guinée hausse également le ton. Le 2 novembre 2026, Conakry a annoncé des mesures d'interdiction totale de l'exploitation anarchique de l'or dans la région de Siguiri, avec des contrôles renforcés et des procédures contre les étrangers en situation irrégulière.
 

En Côte d’Ivoire, les opérations menées ces derniers mois ont également mis en évidence la présence de nombreux ressortissants burkinabè sur des sites clandestins. Le 19 août 2026, quatre Burkinabè figuraient parmi les sept personnes interpellées dans neuf régions du pays. En octobre, cinq autres ressortissants burkinabè, dont un mineur, ont été arrêtés dans la zone de Sirasso. Les conséquences de ces activités sont lourdes : destruction des terres agricoles, dégradation du couvert végétal, pollution des cours d'eau et menaces sur la santé des populations.
 

Il y a quelques mois, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux avait particulièrement choqué. On y voyait un jeune présenté comme burkinabè déclarer être venu en Guinée pour « gâter leur terre et chercher l'or pour aller construire le Burkina ». Que cette déclaration ait été provocatrice ou non, elle a cristallisé un sentiment d'indignation : celui de populations qui voient leur patrimoine naturel sacrifié au profit d'une exploitation clandestine.
 

La question mérite pourtant d'être posée aux autorités burkinabè. Le Burkina Faso dispose lui-même d'un important potentiel aurifère et figure parmi les pays producteurs d'or du continent. Pourquoi une partie de ses ressortissants choisit-elle alors d'aller exploiter illégalement les ressources des pays voisins, au risque de dégrader leurs terres et leurs eaux ?
 

 

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan