Le Parlement européen a adopté jeudi, à une large majorité, une résolution réclamant la libération « immédiate et inconditionnelle » de l’ancien président du Niger, Mohamed Bazoum. Renversé par un putsch militaire le 26 juillet 2023, il est détenu depuis avec son épouse dans une aile du palais présidentiel à Niamey.
Le texte a été adopté par 524 eurodéputés, avec deux votes contre et 29 abstentions. La résolution, portée notamment par le groupe du Parti populaire européen, condamne fermement la « détention arbitraire » de l’ancien chef d’État.
Depuis le coup d’État, le pays est dirigé par la junte militaire conduite par le général Abdourahamane Tiani. Malgré sa détention, Mohamed Bazoum a toujours refusé de démissionner de ses fonctions. Son mandat présidentiel doit officiellement prendre fin le 2 avril.
Lors du débat en séance plénière, l’eurodéputé français Christophe Gomart a estimé qu’une absence de libération avant cette date constituerait « un échec grave », soulignant l’urgence de la situation.
Le Parlement européen rappelle également que l’immunité présidentielle de l’ancien dirigeant a été levée en 2024 par la justice nigérienne. La junte a indiqué vouloir le poursuivre pour « haute trahison », une accusation passible de la peine de mort.
Les eurodéputés affirment par ailleurs ne disposer d’aucune information vérifiable sur les conditions de détention du couple présidentiel depuis plus d’un an. Selon eux, Mohamed Bazoum n’aurait ni accès à un avocat, ni à des visites familiales régulières, et recevrait des soins médicaux limités.
Dans leur résolution, les parlementaires européens rappellent aussi que l’ancien président nigérien avait été un partenaire clé des pays européens au Sahel dans la lutte contre le terrorisme, le trafic d’armes et la traite des êtres humains.