Le Bénin continue de rassurer les investisseurs de l’espace UEMOA. Ce jeudi 2 avril 2026, le pays a réussi une nouvelle opération de levée de fonds sur le marché régional, en mobilisant 22 milliards de FCFA, dépassant ainsi son objectif initial fixé à 20 milliards. Une performance qui témoigne de la confiance soutenue des acteurs financiers envers la signature béninoise.
Organisée via UMOA-Titres, l’adjudication portait sur deux maturités : des bons du Trésor à 91 jours, arrivant à échéance le 2 juillet 2026, et des titres à 182 jours, remboursables le 1er octobre 2026. Tous ont été émis avec une date de valeur commune fixée au 3 avril 2026, pour une valeur nominale unitaire de 1 million de FCFA.
Mais au-delà des montants levés, c’est surtout l’ampleur de la demande qui retient l’attention. Les investisseurs ont massivement répondu à l’appel, avec des soumissions totalisant près de 161 milliards de FCFA. Un engouement spectaculaire, traduisant un taux de couverture impressionnant, notamment sur la maturité courte.
Face à cet afflux, le Trésor béninois a choisi la rigueur. À peine 13,67 % des offres ont été retenues, soit un peu plus de 22 milliards de FCFA, laissant de côté près de 139 milliards de FCFA de propositions. Une stratégie assumée, visant à maîtriser le coût de l’endettement tout en sélectionnant les conditions les plus avantageuses.
Dans le détail, la tranche à 91 jours a attiré 19 investisseurs pour un total de 76,7 milliards de FCFA proposés. Seuls 9,497 milliards ont été retenus, à des taux relativement compétitifs, avec un rendement moyen de 3,85 %. Du côté des bons à 182 jours, 84,2 milliards de FCFA ont été proposés par 21 participants, pour 12,503 milliards finalement mobilisés, avec un rendement moyen légèrement supérieur, à 4,13 %.
La répartition géographique des souscriptions illustre une dynamique régionale contrastée. Le Bénin lui-même arrive en tête des montants retenus, suivi du Togo. À l’inverse, certains pays pourtant actifs dans les soumissions, comme le Burkina Faso, le Sénégal ou encore la Côte d’Ivoire, n’ont obtenu que des parts limitées, voire nulles.
Au final, cette opération confirme non seulement l’attractivité du Bénin sur le marché des titres publics, mais aussi la profondeur croissante du marché financier régional. Dans un contexte où les États recherchent des financements maîtrisés, la sélectivité devient un levier stratégique autant qu’un signal de crédibilité.