Le gouvernement malien a adopté, le 13 mai 2026 en Conseil des ministres, plusieurs projets de décret relatifs à l’organisation, au fonctionnement et au cadre organique de la Direction générale des impôts (DGI). Cette réforme vise à moderniser une administration clé dans un contexte de forte pression sur les finances publiques.
Selon les autorités, ces nouveaux textes viennent corriger les insuffisances constatées dans l’application des décrets de 2019. Ils doivent surtout permettre à la DGI de mieux s’adapter aux défis actuels, notamment en renforçant ses ressources humaines et en améliorant son efficacité opérationnelle sur les cinq prochaines années.
Cette restructuration intervient alors que l’État malien affiche des ambitions élevées en matière de mobilisation fiscale. Pour 2026, l’objectif fixé est de 1 537 milliards de FCFA de recettes, soit une hausse significative par rapport aux prévisions précédentes.
Les performances récentes de l’administration fiscale montrent déjà une dynamique positive. En 2025, la DGI a mobilisé 1 403,160 milliards de FCFA pour un objectif de 1 387 milliards, dépassant ainsi ses prévisions avec un taux de réalisation de 101 %. L’année 2024 avait également confirmé cette tendance, avec 1 318,576 milliards collectés contre une cible de 1 260 milliards.
Dans ce contexte, les autorités entendent consolider ces acquis à travers une modernisation plus poussée de la chaîne fiscale. Digitalisation des procédures, renforcement de l’assiette fiscale et meilleure coordination entre les administrations sont au cœur des réformes envisagées.
Cette orientation s’inscrit également dans les recommandations du Fonds monétaire international (FMI), qui encourage le Mali à renforcer ses ressources internes. L’institution insiste notamment sur l’interconnexion des systèmes fiscaux, douaniers et du Trésor afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des recouvrements.
À travers cette réforme, le gouvernement malien ambitionne de doter la DGI d’un cadre plus performant, capable de soutenir durablement les finances publiques dans un contexte marqué par d’importants besoins liés à la sécurité, aux investissements et aux services sociaux.