Au Mali, les autorités de transition ont adopté un arrêté interministériel interdisant, depuis le 3 juin 2026, la circulation des motos de 125 cm³ et plus en dehors des grandes agglomérations. Cette décision, à effet immédiat, vise à limiter la mobilité des groupes armés actifs dans plusieurs régions du pays.
Désormais, ces motos ne sont autorisées que dans le district de Bamako, les chefs-lieux de régions, ainsi que dans les cercles et arrondissements. Les gouverneurs disposent également d’une marge de restriction supplémentaire selon les réalités locales. En parallèle, l’importation et la vente des motos et accessoires sont suspendues pour une durée d’un an renouvelable, avec obligation de déclaration des stocks sous 90 jours, sous peine de saisie.
Cette mesure suscite de vives réactions à travers le pays. À Tombouctou, Koutiala ou encore Mopti, de nombreux habitants dénoncent une décision qui bouleverse profondément les habitudes quotidiennes. Dans les zones rurales, la moto constitue en effet le principal moyen de transport pour les déplacements, les activités agricoles ou encore le transport des malades.
Les autorités justifient cette restriction par la volonté de réduire les capacités de mouvement des groupes jihadistes et rebelles, qui utilisent fréquemment des motos pour leurs opérations. Mais pour de nombreux observateurs, la mesure pourrait accentuer les difficultés économiques et sociales dans des zones déjà fragilisées par l’insécurité et le manque d’infrastructures.
Parallèlement, 39 sites naturels, principalement des forêts considérées comme des refuges pour les groupes armés, ont été classés zones militaires interdites aux civils. Toute intrusion non autorisée y sera désormais considérée comme une cible potentielle par les forces de défense et de sécurité.