Les forces armées maliennes ont intensifié, dans la nuit de mercredi à jeudi, leurs opérations aériennes contre la ville de Kidal, dans le nord du pays. Selon plusieurs sources sécuritaires et des informations rapportées par l’AFP, des frappes ont visé différents points stratégiques de cette localité désormais sous contrôle du Front de libération de l'Azawad et de combattants affiliés au Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin.
Une première frappe aurait détruit une habitation située non loin d’un ancien marché, tandis qu’une seconde a creusé un important cratère dans l’enceinte du gouvernorat, symbole de l’autorité administrative locale. Aucun bilan officiel n’a pour l’heure été communiqué, mais la situation reste particulièrement tendue sur le terrain.
Au lendemain de ces opérations, Kidal présentait un visage inhabituellement calme, marqué par une très faible circulation. Des habitants ont toutefois rapporté des mouvements de véhicules quittant la ville durant la nuit, suggérant des repositionnements liés à la dégradation sécuritaire.
L’armée malienne a averti que ses frappes pourraient se poursuivre et s’intensifier dans les prochains jours, dans le cadre de sa stratégie de reprise de contrôle des zones encore échappant à l’autorité de l’État. Cette annonce intervient dans un climat déjà fortement dégradé, après des attaques coordonnées fin avril contre plusieurs positions militaires dans le centre et le sud du pays.
Cette nouvelle phase d’opérations aériennes ravive les inquiétudes sur l’évolution de la situation dans le nord du Mali, où les affrontements entre forces gouvernementales, groupes rebelles et organisations jihadistes continuent de fragiliser toute perspective de stabilisation durable.