Dans le cercle de Bankass, au centre du Mali, des milliers de personnes déplacées reprennent progressivement le chemin de leurs villages d’origine. Après plusieurs années d’exil forcé lié à l’insécurité, ce retour est rendu possible par des accords locaux conclus entre certaines communautés et des groupes armés affiliés au JNIM.
Sur le terrain, les habitants retrouvent des maisons souvent endommagées, des champs laissés en friche et une vie communautaire profondément bouleversée. Mais ce retour s’accompagne de conditions strictes imposées dans les zones concernées. Les autorités locales et notabilités doivent composer avec de nouvelles règles de vie sociale et religieuse, incluant des restrictions sur l’éducation dite « occidentale » et des normes vestimentaires spécifiques.
Dans plusieurs villages, des infrastructures scolaires détruites n’ont pas encore été reconstruites, ce qui complique la reprise normale des activités éducatives. Certains habitants témoignent d’un retour partiel de leurs familles, laissant femmes et enfants encore déplacés dans d’autres localités, par prudence ou par manque de garanties.
Les activités agricoles, essentielles à l’économie locale, reprennent toutefois avec l’arrivée des pluies. Les champs sont de nouveau cultivés, signe d’un certain apaisement sur le plan sécuritaire, même si la situation reste fragile et dépendante des équilibres locaux.
Les autorités communales, elles, saluent un mouvement de retour important des populations, tout en reconnaissant implicitement la complexité des arrangements ayant permis cette dynamique. Entre nécessité de survie et contraintes imposées, les habitants de Bankass tentent de reconstruire leur quotidien dans un contexte où la paix demeure conditionnelle et précaire.