Mali : Bamako attend les clarifications de Washington sur une possible offensive contre le JNIM

Samedi 25 Juillet 2026 12:00

Face aux informations sur une possible implication américaine contre le JNIM, le Mali exige une communication officielle et défend sa souveraineté.


 

Le Mali veut des garanties avant toute nouvelle coopération militaire avec les États-Unis. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a indiqué que Bamako attend une communication officielle de Washington concernant les informations faisant état d’une possible intensification des opérations américaines contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
 

S’exprimant en marge du lancement de la deuxième édition du Salon international de la défense et de la sécurité (BAMEX), à Bamako, le chef de la diplomatie malienne a affirmé que les autorités suivent avec attention les discussions évoquant des frappes ciblées contre le groupe jihadiste ainsi qu’un renforcement des capacités américaines de renseignement dans le Sahel.
 

« Nous attendons une communication officielle de la part du gouvernement américain afin de connaître sa position », a déclaré Abdoulaye Diop. Il a rappelé que la priorité du Mali reste la lutte contre les groupes armés à travers ses propres moyens, notamment les Forces de défense et de sécurité maliennes et ses capacités nationales de renseignement.
 

Le ministre a insisté sur le fait que toute assistance extérieure devra être discutée avec les autorités maliennes et répondre aux besoins définis par Bamako. Une position qui s’inscrit dans la ligne défendue par les autorités de transition, fondée sur le principe de souveraineté et du libre choix des partenaires.
 
Le JNIM, principale menace dans le Sahel

Créé en 2017 par la fusion de plusieurs mouvements affiliés à Al-Qaïda, le JNIM est devenu l’une des principales organisations armées actives au Mali et dans la région sahélienne. Le groupe mène régulièrement des attaques contre les forces armées, les représentants de l’État et les infrastructures économiques.
 

Washington considère le JNIM comme une organisation terroriste étrangère depuis 2018. Plusieurs de ses dirigeants, dont Iyad Ag Ghali, sont également visés par des sanctions américaines.
 

Cette éventuelle implication américaine intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre Bamako et Washington après plusieurs années de tensions liées aux changements politiques de 2020 et 2021 et au rapprochement du Mali avec la Russie.
 

Ces derniers mois, des responsables américains ont multiplié les échanges avec les autorités maliennes autour du renseignement et de la lutte antiterroriste. Les États-Unis auraient déjà fourni des informations ayant contribué à certaines opérations contre des cadres du JNIM.
 

Malgré cette évolution, Bamako poursuit sa coopération militaire avec Moscou à travers l’Africa Corps, engagé aux côtés des forces maliennes depuis le retrait des forces françaises et la fin de la mission de l’ONU (MINUSMA) en 2023.
 

Pour le gouvernement malien, toute nouvelle collaboration sécuritaire devra donc être négociée dans un cadre précis, respectueux des choix stratégiques du pays.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan