À quelques mois de la succession d’António Guterres à la tête des Nations Unies, Macky Sall accélère sa campagne diplomatique. L’ancien président sénégalais, officiellement candidat au poste de secrétaire général de l’ONU, a entrepris une série de consultations auprès de dirigeants africains et internationaux afin de consolider ses appuis.
Vendredi 17 juillet 2026, il a effectué une courte tournée qui l’a conduit successivement à Dakar et à Banjul. Deux étapes symboliques pour celui qui entend porter la candidature africaine à la direction de la principale organisation multilatérale mondiale.
À Dakar, Macky Sall a été reçu au palais de la République par son successeur, Bassirou Diomaye Faye. Cette rencontre avait pour objectif de présenter officiellement sa démarche et de solliciter le soutien des autorités sénégalaises. Selon la présidence sénégalaise, l’ancien chef de l’État a exposé l’évolution de sa campagne et les différentes étapes du processus de sélection engagé par les Nations Unies.
Cette audience a également été présentée comme un symbole de continuité institutionnelle au-delà des alternances politiques. « La permanence de l’État » a été mise en avant par les autorités sénégalaises, dans un contexte où la candidature de Macky Sall nécessite un large consensus national et continental.
Après Dakar, l’ancien président s’est rendu à Banjul pour rencontrer le chef de l’État gambien Adama Barrow. Devant son homologue gambien, Macky Sall a insisté sur la nécessité pour les pays africains de parler d’une seule voix sur les grandes questions internationales.
« En tant qu’Africains, nous devons travailler ensemble et concentrer nos efforts sur les piliers clés de l’ONU : la paix et la sécurité, les droits de l’homme et le développement durable », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation collective du continent.
Cette tournée ouest-africaine intervient après plusieurs déplacements internationaux destinés à défendre sa candidature. Fin juin, Macky Sall s’était rendu en Chine pour rencontrer le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. Début juillet, il avait poursuivi ses consultations en Grèce avec les autorités d’Athènes avant de multiplier les échanges au siège des Nations Unies à New York avec plusieurs représentants permanents, notamment ceux des grandes puissances membres du Conseil de sécurité.
L’ancien président sénégalais mise notamment sur l’argument d’une meilleure représentation de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Depuis plusieurs décennies, le continent revendique une place plus importante dans les grandes institutions internationales, estimant que son poids démographique et géopolitique doit davantage se refléter dans les instances de décision.
La course à la succession d’António Guterres, dont le mandat arrive à échéance le 31 décembre 2026, entre désormais dans une phase stratégique. Après les auditions publiques des candidats, le Conseil de sécurité devra engager des consultations avant de proposer un nom à l’Assemblée générale de l’ONU.
Macky Sall devra cependant composer avec plusieurs concurrents de taille. Six personnalités sont actuellement officiellement en lice, dont l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi, la secrétaire générale de la CNUCED Rebeca Grynspan, l’ancienne présidente de l’Assemblée générale María Fernanda Espinosa et l’ancienne ministre guyanaise des Affaires étrangères Carolyn Rodrigues-Birkett.
À travers cette offensive diplomatique, Macky Sall entend convaincre que son expérience à la tête du Sénégal, son parcours international et sa connaissance des enjeux africains peuvent constituer des atouts pour diriger une organisation confrontée à de multiples crises : conflits, changements climatiques, tensions géopolitiques et défis du développement.
La bataille pour New York est désormais lancée. Et pour l’ancien président sénégalais, chaque capitale visitée représente une étape supplémentaire dans la quête d’un soutien décisif.