« Les chercheurs qui cherchent, on en trouve. Mais les chercheurs qui trouvent, on en cherche. » C'est autour de cette célèbre citation que Dr KOFFI Konan Emmanuel, docteur en Traditions et Littératures orales et spécialiste de la communication institutionnelle, a livré une réflexion sur la place des chercheurs dans l'espace numérique.
Pour lui, le monde de la recherche doit impérativement adapter ses pratiques aux réalités du XXIᵉ siècle. À une époque où les réseaux sociaux influencent les comportements, les opinions et les choix des populations, les scientifiques ne peuvent plus se contenter de publier leurs travaux dans des revues spécialisées ou de les présenter uniquement lors de colloques.
« Aujourd'hui, les multinationales disposent de community managers pour valoriser leurs innovations, leurs produits et leurs performances. Les responsables politiques utilisent les réseaux sociaux pour rendre compte de leurs actions, dialoguer avec les citoyens et défendre leurs projets. Pourquoi les chercheurs resteraient-ils en retrait ? », s'est-il interrogé.
Selon Dr KOFFI Konan Emmanuel, les réseaux sociaux sont devenus un véritable espace de conquête de l'influence. Pourtant, ce sont souvent les contenus sensationnalistes qui dominent les plateformes.
« Les jeunes passent des heures à suivre des influenceurs qui font la promotion du sexe, de l'alcool ou du buzz. Pendant ce temps, les chercheurs, qui produisent des connaissances capables de transformer la société, restent trop souvent invisibles », a-t-il déploré.
Il estime que cette situation appelle un changement de posture de la communauté scientifique.
« Les chercheurs doivent reprendre le pouvoir de l'influence. Ils doivent investir les réseaux sociaux avec des contenus scientifiques accessibles, des vidéos pédagogiques, des explications simples, des analyses rigoureuses et des publications qui donnent envie d'apprendre. »
Pour l'universitaire, communiquer sur ses travaux ne relève ni de l'orgueil ni de la recherche de popularité. « Publier les liens vers ses articles, ses communications, ses ouvrages ou les résultats de ses recherches ne relève pas du paraître. C'est une responsabilité scientifique. Une recherche qui n'est pas connue est une recherche dont l'impact demeure limité. »
Dr KOFFI Konan Emmanuel souligne également que la vulgarisation scientifique constitue aujourd'hui un enjeu majeur pour le développement de l'Afrique. Les résultats de la recherche doivent pouvoir être compris par les décideurs, les étudiants, les entrepreneurs, les médias et les citoyens afin d'éclairer les politiques publiques et de favoriser l'innovation.
Il invite par ailleurs les universités, les centres de recherche et les écoles doctorales à intégrer la communication scientifique ainsi que la maîtrise des outils numériques dans la formation des jeunes chercheurs. Produire des connaissances est indispensable, mais savoir les partager est devenu tout aussi essentiel.
« Le chercheur du XXIᵉ siècle ne doit pas seulement être un producteur de savoir. Il doit être un acteur de la diffusion des connaissances, un pédagogue et un influenceur du savoir », a-t-il insisté.
En conclusion, Dr KOFFI Konan Emmanuel lance un appel à la nouvelle génération de chercheurs : investir les réseaux sociaux avec éthique, rigueur et responsabilité afin que les plateformes numériques deviennent également des espaces d'éducation, de culture scientifique et de développement.
« Les chercheurs qui cherchent, on en trouve. Mais les chercheurs qui trouvent, on en cherche. Aujourd'hui, j'ajouterais : les chercheurs qui trouvent doivent aussi se faire entendre. La science ne doit plus être silencieuse. »