Koro (Mali) : l’afflux de réfugiés burkinabè s’intensifie

Lundi 22 Juin 2026 10:00

Depuis fin mai, des milliers de Burkinabè fuient les violences et trouvent refuge à Koro, où les conditions d’accueil restent précaires.


Des réfugiés burkinabè affluent vers le centre du Mali, une région elle-même touchée par des attaques djihadistes.
 

Depuis le 26 mai, la localité de Koro, dans le centre du Mali, fait face à un afflux continu de réfugiés burkinabè fuyant les violences armées dans leurs villages d’origine. Selon les autorités locales, plusieurs milliers de personnes ont déjà franchi la frontière pour trouver refuge dans cette zone déjà fragilisée.
 

Ces déplacés viennent principalement de localités comme Sia, Gani, Bouli, Kogan, Ganagoulo ou encore Kouéré, dans le département de Gomboro, au Burkina Faso. Tous évoquent la même scène de peur et de fuite précipitée après des menaces attribuées à des groupes armés djihadistes.
 

« Ce sont deux personnes arrivées à moto. Nous avons cru que c’étaient des messagers, mais nous avons eu peur », témoigne Hamsetou, aujourd’hui installée à Koro avec sa fille et d’autres membres de sa famille. Elle raconte avoir fui de nuit, après un ultimatum lancé dans son village le jour de la foire hebdomadaire. « Nous avons tout laissé derrière nous », confie-t-elle.
 

Comme elle, Oumou, originaire de Ganagoulo, décrit une fuite chaotique après l’arrivée d’hommes armés dans les villages voisins. « Ils nous ont dit que nous allions connaître le même sort. Nous avons quitté nos maisons, nos greniers, nos animaux », explique-t-elle. Son périple, effectué à pied, en tricycle ou en charrette, l’a conduite jusqu’à Koro avec sa famille, tous sains et saufs.
 

Sur place, les réfugiés s’installent comme ils le peuvent, souvent dans des conditions précaires. Selon le maire adjoint de Koro, Issa Sagara, les capacités d’accueil sont largement dépassées et les besoins en alimentation, hébergement et assistance humanitaire deviennent urgents. Les familles sont réparties sur plusieurs sites improvisés dans la ville et ses environs.
 

Dans cette zone frontalière déjà exposée à l’insécurité, l’arrivée continue de déplacés met en lumière l’ampleur de la crise humanitaire et la nécessité d’une réponse coordonnée pour éviter une détérioration de la situation.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan