Depuis plusieurs semaines, les réseaux sociaux ivoiriens bruissent de rumeurs alarmistes autour de la santé du Président Alassane Ouattara. Amplifiées par des publications virales, parfois sensationnalistes, ces allégations vont jusqu’à annoncer, sans preuve, la disparition du Chef de l’État. Une situation qui a contraint le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix à réagir publiquement.
Mais au-delà du démenti officiel, cette séquence met en lumière un phénomène plus préoccupant : l’instrumentalisation politique de la désinformation. Une frange de l’opposition, notamment au sein du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire, est accusée de relayer ou de laisser prospérer ces rumeurs. Sur fond de bataille numérique, certains activistes s’érigent en analystes improvisés, disséquant images et vidéos du Président à coups d’outils d’intelligence artificielle, souvent sans expertise avérée.
Ce glissement vers une “politique du soupçon” interroge sur la qualité du débat démocratique. Plutôt que de structurer une offre politique claire et crédible à l’approche des échéances locales de 2027, ces acteurs privilégieraient, selon leurs détracteurs, des stratégies de décrédibilisation. La viralité devient alors une arme, au détriment de la rigueur et de la responsabilité.
Plus inquiétant encore, cette dynamique pourrait préparer le terrain à des contestations futures. En entretenant un climat de méfiance généralisée, certains segments de l’opposition risquent d’alimenter des tensions lors des scrutins, en remettant en cause, à l’avance, la crédibilité des institutions comme la Commission électorale indépendante.
Dans un contexte où la stabilité politique reste un enjeu majeur, la diffusion de fausses informations apparaît ainsi comme un facteur de fragilisation du jeu démocratique. Entre liberté d’expression et devoir de vérité, le débat public ivoirien semble plus que jamais confronté à ses propres dérives.